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ARATHON DE LONDRES

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1 ARATHON DE LONDRES le Lun 25 Avr - 12:32

Il y a 8 mois…. Enfin inscrits ! Avec Rachel on fait de bonds de joie devant l’ordinateur !
Et puis, depuis 3 mois, une préparation intense (et chouette) mais perturbée par les blessures des uns et des autres.
Voici le jour J au cœur d’un week-end intense, avec 24 « corbarunningiens », coureurs et supporters confondus.

Le matin, je respire à fond dans l’atmosphère de fête. Nous sommes dans un immense champ au milieu de 40000 personnes, notre petit groupe tout de rouge vêtu (ou presque).
On est bien ensemble durant ces deux heures champêtres, entre plaisanteries et concentration. Un grand moment : la découverte des urinoirs pour filles ; grâce à une pochette ergonomique en carton, faire pipi debout comme un garçon : ouahhhhh ! Et puis chacun s’isole de temps en temps pour lire les textos de la famille et des amis. On se sent le cœur au chaud, les larmes au bord des cils de tous ces soutiens. MERCI ET ENCORE MERCI !

Le moment du départ approche et 40000 fourmis se placent dans leur zone ; pour moi un grand moment de frayeur quand je perds les copines !!! J’imagine déjà prendre seule le départ. Ouf ! Les voilà ! Je me précipite dans leurs bras. Le départ est donné et on met 6 minutes pour arriver sur la ligne !!!!
C’est parti ! Pendant 1 mile on marche beaucoup, on trotte un peu, au milieu d’une foule compacte qui hurle. Les enfants tendent les mains pour taper dans la main des coureurs, ce que je fais, euphorique, en gambadant , durant deux miles. Je chante, je salue la foule avec des frissons d’émotion et de joie. Puis je commence à réaliser que je dois faire 40 bornes…… alors que mon bras s’ankilose. « Du calme Isabelle !!! »

Je perds mes copines au milieu du 2ème mile: je ferai donc ce marathon seule, oui seule malgré 40000 personnes, une impression très bizarre. Une grande leçon d’humilité en fait ! Tellement de monde qu’il faut toujours regarder ses pieds, calculer des trajectoires pour doubler, éviter de trop bousculer où de se faire bousculer (« Excuse me ! » en boucle), éviter de glisser sur les milliers de bouteilles plastiques, déchets de ravitaillement tous les 3 miles ( qui créent en plus des ralentissements ). C’est un entraînement de foot avec parcours en zig-zag autour de plots que nous aurions du faire ! Tout le long, le million de londoniens dans la rue hurle mais étrangement, au bout de quelques miles , je ne me sens pas vraiment encouragé…. . Parce qu’il parle en anglais ? Parce que cette foule soutient avant tout les milliers de participants qui courent pour des associations caritatives ? Je me sens toute petite avec mon tee-short Corbas running, un peu honteuse de courir seulement pour moi et pour mon club, perdue et anonyme au milieu de 40000 personnes.
Est-ce mon ego qui en souffre ? Peut-être…. Sans doute……

Je pense beaucoup à mes amis… à tous, mais un peu plus à Rachel qui part avec une sciatique. Va-t-elle pouvoir finir ? Je pense aussi beaucoup à Sabine……….
Et j’avance : pas de crampes, pas de « mur » au 30 km, le cardio calme. Je suis bien entraîné ! Pourtant je ne cours jamais à mon rythme, de 7 km/heure à 13, tant je zigzag en profitant même parfois des rares trottoirs dégagés. Chouette un tunnel ! Un peu de calme…. Car la foule si sympathique me saoule maintenant. Je freine brusquement : devant moi deux personnes courent attachés par une corde sur laquelle une ribambelle de bébés en cartons se tient la main. A ce moment, je hais les associations caritatives et les enfants !!! Et cela se répète ! j’ai honte de certaines de mes pensées………………

Au 38 km,coup de chaleur, avec l’envie de pousser les immeubles et tous les gens coureurs et supporters. En plus je n’ai pas vu ni entendu Nora armée de la cloche et pourtant je suis sûre qu’elle était dans cette foule avec son énergie débordante et son enthousiame.. Tout un coup, voici Flo et Maxou, moment d’ébahissement tant cela me semble étrange de voir des têtes ( et beaux sourires) connus.

Dernière ligne droite, à ma montre voici le 42ième . Une ligne rouge en vue, je peux faire moins de 4H15 ! Je fonce, j’ai encore de bonnes jambes, ….pour découvrir un panneau marqué « 600 mètres » !!!! A force de zigzaguer, Je me suis rajouté 600 mètres. Je boude, les larmes aux yeux pendant 30 mètres au ralenti. Puis je me bouge : « Mince tu es à Londres avec le tee short Corbas Running : fais bonne figure ». Je relance la machine en pensant ne pas tenir ….et puis si, il me reste des forces, ce qui prouve que j’aurais pu aller plus vite (Ah Chadia, où-es-tu ???? ) . Je franchis la ligne au milieu d’une foule de coureurs.

Vite , retrouver les amis ! C’est la première idée qui me vient à l’esprit, avant même de récupérer la médaille. Tant ils m’ont manqué, les coureurs et les supporters corbasiens avec ou sans cloche. Ont-ils les mêmes sensations mitigées que moi ?

Avec le recul ce que j’ai aimé : le petit matin dans ce grand champ , le départ festif au milieu de costumes bigarrés et dans une ambiance détendue, tous ces enfants le long des premiers kms, la traversée dans une ambiance de feu de tower bridge au 21km , le regard de Flo, les retrouvailles Corbas running. Ce qui m’a le plus touchée : le regard de Rachel à l‘arrivée (tellement profond que je n’ai pas su l’identifier), ceux embuées de Véro et de Sabine.

Tout le monde en a bavé, plus que d’habitude, mais chacun pour des raisons différentes : les effets de la chaleur et de l’oppression de la foule pour certains, des allergies pour d’autres, des pensées qui épuisent le corps…..
Et nous avons tous fini, TOUS. Souvent en pensant fort au club pour aller chercher au fond de soi. Et c’est beau aussi Corbas Running à l’arrivée, entre doute et fierté, déception, regards réconfortants et attentionnés, introspection, partage d'émotions difficiles
Moins « rose » que d’habitude mais INTENSEMENT HUMAIN

Ce que je n’ai pas aimé : Faire un marathon avec 40000 personnes et en ville. Ce n’est pas mon truc : Vive l' horizon large, vive la campagne , les veaux, vaches et cochons, les routes dégagées sur au moins 10 mètres devant soi….
Faire un marathon de cette envergure une fois dans sa vie quand on est runner : ok. Pour la fête ! Pour découvrir. Pour les premiers kms ou se croit athlète de haut niveau aux jeux olympiques grâce à la foule qui mange les trottoirs.
Mais pour courir, profiter des lieux ….que de frustrations …. Ou alors il faut partir avec les élites….. !!!!!!! GLOUPS !!!!!!

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