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Ma SaintéLyon au thé !

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1 Ma SaintéLyon au thé ! le Mer 19 Déc - 22:07

Ah la SaintéLyon ……

Un petit retour en arrière pour comprendre comment j’en suis arrivé là…


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Décembre 2007 – le début de l’histoire

Nous somme cinq à vouloir tenter le défi : parcourir en solo le parcours Trail le plus vieux, le plus long, et sans doute le plus exigeant et difficile qui soit en France : la SaintéLyon !!!
Sortis tous frais de notre 1er marathon, nous somme persuadés que de passer de 42 à 70km reste plus que faisable !! Et motivés comme jamais, on s’entraine dur comme jamais pendant 3 mois pour être prêt le mieux possible !
Malheureusement, notre amie Rachou se blesse à 15 jours du départ !!!
Renoncer à participer est inconcevable ! On décide de tenter l’impossible : on courra lorsque ce sera possible, sinon on marchera, le tout au rythme de notre blessée ! On part à 5 et on arrivera à 5 !!
Et on est arrivé à 5 !!!! 11 heures 11 minutes et 32 secondes de partage, d’émotion, de doute, d’entraide, de soutien, de fatigue, de douleur et de joie…..
Mon plus beau souvenir de course à pied est là……………


Décembre 2011 – le retour

Pour diverses raisons, je n’ai pu participer les années suivantes à cette épreuve. Il faut dire que, certes, elle est très belle, et elle nous appelle comme la sirène appelle le marin !!!!
Mais elle fait aussi très peur, parce qu’elle est aussi très très difficile !!! Et être au départ en n’ayant pas réuni les conditions parfaites semble suicidaire !!!!
Pourtant c’est ce qui va arriver cette année : après mes 2ème 100km à Millau, mon entrainement est plus qu’au point, la météo est pour une fois clémente, mais une grosse grippe me tombe dessus à 3 jours du départ. Et là aussi, trop dur de jeter l’éponge….Je pars résolu à souffrir un peu, accompagné par mes Efferalgan, avec à l’esprit la possibilité d’abandonner sur un ravitaillement et de rentrer par une navette à Lyon.
Après un départ prudent et en queue de peloton, les premiers km défilent et finalement je me sens bien ! Je me sépare de mes compagnons du moment, GéII et Fred le Doc, dans la cohue du ravito de St Christo en Jarez. Je suis alors classé 2984ème.
J’adopte une allure d’endurance sur le plat, et je me rends compte que je ne suis pas si ridicule, une marche rapide dans les montées et la aussi j’arrive à doubler ! Et dans les descentes ? A fond !! Cette folle remontée fait que je me retrouve 1040ème à Soucieu en Jarrest, et 597ème à l’arrivée !! Un pur bonheur !! Je décroche même la Sainté de bronze !!



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01 et 02 Décembre 2012 – Ma SaintéLyon au Thé


Bien sur, cette expérience m’a enchanté, et bien sûr je pense que je dois pouvoir faire mieux !
J’axe mes priorités sur quelques points fondamentaux : je lève très peu le pied cet hiver, j’essaie d’être beaucoup plus constant toute l’année avec plusieurs courses à intervalles réguliers, et je me lance dans le Trail.
Et c’est très, très clair dans mon esprit, l’ombre de la SaintéLyon 2012 planera constamment sur tout ça !

J’attaque la saison le 4 mars par le défi vellave à Monistrol sur Loire : 23km, 780m de dénivelés positifs, et une place de 83/395 pour commencer.
Suivent les 21km d’Ozon le 11 mars, le semi de Feurs le 25, le marathon d’Annecy le 15 avril en 3h23, la Rivatière le 1er mai et ses 15 km, pour récupérer.
Puis je rejoins les copains le 30 juin sur la Nuit de la St Jean : un Trail, un peu long, la nuit… je confirme : ça me plait !!! On se retrouve ensuite à Marvejols et son fabuleux semi le 21 juillet, et au marathon du Médoc le 8 septembre, marathon qui me sert d’entrainement pour la course suivante, l’Ultra Trail du Grand St Jacques avec une arrivée au Puy en Velay, le 22 septembre.
On y est presque ! J’enchaine avec les foulées Fleurinoises en récup, une semaine plus tard, mais juste pour faire plaisir à notre président et à son pote organisateur !!! Et une belle 60ème place !
Je ne pouvais pas rater ensuite le 4 novembre la première édition super sympa et vraiment réussie du Sainté Trail Urbain, avec ses 28 km, 900m de dénivelés positifs et ses 2542 marches !! (L’année prochaine, ce serait sympa que Corbas Running y vienne en nombre pour y mettre le feu !!!)
Par contre, le 11 novembre est réservé pour la course locale et le semi de Bonson. C’est à deux pas de la maison, et je me chauffe pour le week-end prochain en 1h32.
Voila donc le marathon du Beaujolais le 18, et là, c’est juste pour faire la comparaison avec le Médoc !! 118ème en 3h24 !! Correct !!
Le lendemain est le grand jour pour ma p’tite Puce qui coure son 1er 10km !!! Et je l’accompagne avec un tel plaisir !!!!!! Mais bon, je reste un peu sur ma faim face à sa déception, tu recours quand, Flo ?????
Les programmes d’entrainements, loin de mon club, sont difficiles à respecter. Et c’était un choix cette année de multiplier les compétitions (près de 500km), qui me servent, à tour de rôle, de fil directeur pour garder la motivation constamment élevée dans mes programmes. Par contre, le risque est de parcourir ces km d’entrainement un peu trop vite, emporté par l’élan !!! Je passe au semi du marathon du Beaujolais en 1h30, à 2 semaines de la Saintélyon…pas très sérieux, et surtout pas très efficace et constructif pour une sortie longue prévue…
J’ai 15 jours pour, comme on dit, « faire du jus » et MA course est enfin là !!
J’essais de m’alimenter correctement et intelligemment, sans me priver comme j’ai pu le faire. Mais je dois vraiment conserver mon poids de course, que j’ai aussi eu du mal à obtenir.
Mes dernières sorties sont calmes et prudentes, surtout ne pas se faire mal !! Elles me servent aussi à finaliser le choix de mon équipement, à peaufiner les derniers réglages.
De jour en jour, la météo est annoncée de plus en plus mauvaise, et plus l’échéance arrive, et plus j’hésite à m’inscrire sur l’ultra….Ces jours-ci, lorsque je pense à cette course, je sens mon cœur taper fort dans ma poitrine. Mais là, c’est différent… Je crois que je stresse grave !!!!!! Payer si cher cette inscription pour vivre finalement une nuit de galère, il faut être un peu mazo !!! Mais y rajouter une météo exécrable, ca ressemblera plutôt à l’enfer !!! Finalement, Philippe, avec qui je prends des cours d’œnologie (oui, celui qui court la Diagonale des fous en 40 heures !!!....) met fin à mes interrogations en m’offrant un dossard !
Il fait déjà froid et humide ce vendredi lorsque je récupère mon enveloppe à St Etienne…L’avantage, c’est que je suis bien rapidement dans la fraiche et humide ambiance !!!
Comme d’habitude, mes derniers préparatifs sont réalisés avec précision, je sais parfaitement ce que je vais porter, et j’ai une totale confiance à chaque pièce de mon équipement, jusqu’aux chaussettes !! Je profite de toutes les poches de mon sac à dos, celles sur les cotés mes deux lampes H7, à gauche mes pates de fruits, à droite mon téléphone, devant mes Sporténine, derrière mon coupe vent Corbas Running, couverture de survie, piles de rechange, un deuxième bonnet, mes gants, ma licence et ma fiche de secours, … Juste le strict nécessaire, bien organisé pour être efficace en course, mais surtout avec une charge équilibrée, et la plus légère possible. Je prépare aussi mon sac pour l’arrivée avec des vêtements de rechange et ma boisson de récupération.

J’envoie un ou deux mails pour que je puisse retrouver les copains avant le départ, et je sollicite mon frangin et ma belle-sœur pour l’intendance, histoire de soulager la tache ingrate de ma p’tite femme, et aussi de me tranquilliser !! Flo ne sera pas seule au petit matin, Franck sera avec elle !!
Il est 20h00, et je me régale d’un dernier plat de spaghetti. J’ai la chance de ne pas m’en lasser !!! Il est l’heure d’y aller. On récupère Franck à Sorbiers en passant en voiture sur une partie du parcours….émotion….Dorothée est sur place depuis un moment déjà, Alain et Gilles arrivent vers les 23h accompagnés de Louis et Joëlle. Petites photos souvenir, et il est temps de rejoindre nos sas de départ. Je n’oublie pas de remercier Joëlle qui me dépanne en eau fraiche !! J’ai oublié de faire le plein de ma gourde !!! Quelques poignées de mains et petits bisous remplis d’encouragements, et je rejoins mon couloir de départ, celui des moins de 7 heures (même si j’espère juste faire moins de 8h00 je me trouve à 25m de l’arche !!! Cool !


Et voila ! La véritable histoire commence ici !

Il reste quelques secondes, le speaker chauffe l’ambiance, on allume tous nos frontales pour la beauté du départ. Pour une fois, mon GPS fonctionne bien et à temps. Je réalise deux ou trois photos avec mon téléphone, et je tape un dernier sms à ma femme pour la remercier, et lui redire comme je suis content d’être là !!! Alors oui, je le suis !!! J’ai tellement attendu ce moment, j’ai tellement couru de km à l’entrainement, j’ai déjà tellement brulé d’énergie pour avoir ce bel état de forme aujourd’hui !!! Alors oui j’y crois !! Et je vais tout donner. Bien sur je suis conscient que la partie ne sera pas simple, et qu’il va falloir être costaud et se battre toute la nuit. Je place le chrono espéré de moins de 8h00 dans un petit coin de ma tête, il ne faut pas rêver, je suis sur la SaintéLyon, et avec une météo exécrable qui a fait la légende de cette épreuve.

0h00, c’est parti !!!
Le départ est prudent, comme ci chaque concurrent voulait graver dans sa mémoire ce moment magique, un arrêt sur image… Mais ça ne dure que quelques instants, et très vite l’allure de ce bandeau lumineux accélère et devient beaucoup plus rapide que la mienne ! Je me fais doubler de tous les cotés !! Je pense à plusieurs reprises que je ne suis pas dans mon rythme, mais si ! Je suis même un peu vite, puisque j’avance à 12km/h sur les 6 premiers km. Mais je suis à l’aise, et mon cardio me le confirme en m’indiquant que je suis à 70 / 75% de ma fréquence cardiaque maxi. Et puis, les coureurs en relais vont forcement aller beaucoup plus vite que moi.
Ma première petite pose, programmée, se présente lorsque j’arrive à la pharmacie de Sorbiers. Comme à chaque fois, mon fan-club du coin est là ! Un petit bisou à ma moitié !!!
Que du bonheur !!! Et la non plus, je ne regrette pas d’être ici. Eux vont se coucher, certes pour une petite nuit afin d’être à Lyon comme moi au levé du jour. Pour moi, la nuit sera fraiche et lumineuse, une lune très claire nous accompagne, c’est beau.
Les premières cotes se présentent à moi, toujours goudronnées. Je ralentis mon allure en me fiant toujours à ma fréquence cardiaque. Je me fais encore doubler, mais je dois respecter mon plan. Je n’accélérerai qu’au premier, voir au second ravito, mais pas avant.
On laisse le centre du village pour s’enfoncer sur de plus petites routes, l’obscurité devient totale. J’allume ma frontale en réglant une intensité faible pour économiser les piles, je peux profiter de celles des « copains ». Je remarque les premières neiges sur les côtés, déjà !!! Ca promet !!
Puis une alerte retentit dans cette nuit calme !! Une plaque de verglas à eu raison de quelques uns qui se sont retrouvés aussitôt à terre… On passe sur les bords, le rythme ralentit forcement, on est tellement nombreux encore…Puis de nouveau cris, de nouvelles plaques… Punaise !!! Je me dis que ce sera surement bien plus dur que ce que j’avais imaginé….
Nous nous trouvons à présent sur les premiers chemins, et ça monte toujours. Les conditions sont de pire en pire. Il fait à présent franchement froid, et le vent glacial qui s’est levé n’arrange rien. Il y a de plus en plus de neige et de glace. Le tracé devient étroit, et nous nous retrouvons tous en file indienne. Bien sur, ça va moins vite, et il n’est pas question de doubler, ou alors rarement. Je devrais peut-être mettre les chaines à mes baskets ? Je vais perdre du temps, alors que je suis dans le bon wagon. Et de toute façon, je n’irai pas plus vite. Et lorsque je retrouverai une partie goudronnée, serai-je aussi efficace ???
Je décide d’attendre un peu, je verrai plus tard. J’économise plutôt ma mécanique, je me concentre sur ma respiration. Je suis calme et serein. Je mange une pate de fruit, et j’aspire sur ma pipette pour boire un peu, mais !!!... Mon tube est gelé !!! Mince alors !!! On dirait une granita !!! J’avais bien pris soin de mettre toutes les protections néoprènes, pourtant… Je glisse l’embout du tube dans l’encolure de ma veste technique pour que tout à l’heure ce soit mieux…
Les hauteurs avant St Christo en Jarez sur le col de la Gachet nous proposent un panorama magnifique. Le ruban lumineux se dessine derrière moi à perte de vue, les illuminations du 8 décembre avant l’heure !!!
Simplement magique, unique, exceptionnel !!!
Devant, ce sont maintenant les lueurs du village de St Christo qui se dessinent dans la nuit. Je perds quelques places, en m’arrêtant 2mn au coin d’un arbre. C’est impressionnant comme immédiatement le froid me saisit !! Je sens mon corps commencer à s’engourdir à une vitesse folle !!! Alors qu’en courant, ça reste supportable. Je ne pensais pas qu’il faisait si froid…

Voila juste 1h30 que je cours lorsque je passe le point relais du premier ravito à St Christo, et déjà 16km derrière.
(Les stats à l’arrivé montreront que j’ai perdu 151 places sur cette portion)
Je me contrains à stopper un instant, mais mes gestes sont calculés, il y a beaucoup de monde devant ce premier stand, et je dois repartir avant. J’avais réfléchi que je pouvais verser un peu de thé chaud sur mon eau gelée, pour résoudre mon petit problème. Je prends un morceau de banane, et je craque sur un gâteau !!
Jusqu’au km 28 et le deuxième ravito, après avoir franchi le point culminant de ces 70km à 865m d’altitude, le profil est beaucoup plus mixte, et je suis plus à mon aise. Je lâche un peu la bride, même si l’adhérence est plus que précaire !!! Chaque pas demande une vigilance totale. Le moindre relâchement et c’est la faute !!! Plusieurs coureurs tombent autour de moi, et me rappellent qu’il est vite possible de se faire très mal, et d’anéantir ses chances de rallier l’arrivée. J’ai toujours autant de difficultés à me désaltérer, je n’ai pas du rajouter assez de thé…la poisse !

Ste Catherine, âme de la Sainté ! 2h51 d’effort, 28 km
(et plus de 100 places de gagné au scratch)
Je suis relativement frais, et c’était la base de mon programme de course. Jusque là, tout va bien. Cette fois ci, je vide ma gourde et la remplis complètement de thé chaud ! Ouahou, effectivement, c’est chaud, le contraste est surprenant ! Je gobe deux trois gourmandises au passage, et hop, c’est reparti de plus belle !
Le célèbre passage dans le bois d’Arfeuille a vu ma première chute. Forcement, descendre à plus de 15km/h sur ces chemins glissants, pierres humides recouvertes de feuilles, ca devait finir par arriver, même en plein phare grâce à l’aide de mes deux frontales H7 et leurs 360 lumens !! Plus de peur que de mal, heureusement (merci le judo et l’apprentissage des chutes !) Et je remarque que mes compagnons de routes du moment sont super attentionnés...Les échanges sont très rares, voire inexistants. Mais chacun sait qu’on avance dans la même galère, et que, quelque part, dans ce milieu assez hostile, il faut savoir se serrer les coudes et s’entraider. Un coup dur peu très vite arriver.

Voila le ravito de St Genoux, il est 3h58 au km 36
(et j’ai doublé encore 112 fois)
J’en ai fais la moitié ! Je ne trouve pas forcément le temps long, mais je me surprends à me faire la réflexion, malgré tout. Je prends là aussi 2 à 3mn pour me ravitailler, et remettre du thé ! Et je place un morceau de banane pour plus tard dans ma poche poitrine. Finalement je finirai par la jeter plusieurs km plus tard, car….complètement gelée !!!!
Le profil me convient de plus en plus, car plus descendant. Je m’efforce de garder ma concentration à son maximum, et ça me demande beaucoup d’énergie. Je sens que je commence à puiser dans mes réserves. Je pense à m’alimenter régulièrement, et, même si je ne suis plus sur le marathon de Londres, il me plait assez de boire mon thé, certes de moins en moins chaud au fil des km, mais bien plus agréable et réconfortant que de l’eau gelée…Voila que par deux fois on quitte le tracé habituel en parcourant deux boucles, d’abord à droite et ensuite à gauche. Nous sommes sûrement sur la nouvelle portion rajoutée cette année, le Bois de la Gorge et le Bois de la Dame. Pour l’avoir étudié grâce à Google Earth, je sais d’une part que, pour les deux boucles, on descend un max pour remonter à nouveau tout en haut, mais aussi que, d’autre part, ces deux difficultés passées, on plonge sérieusement sur Lyon.

Km47, 5h15 sur mon Polar
(les résultats définitifs indiqueront que je suis, à ce moment là, 332ème. J’ai, sur cette portion, doublé encore 115 fois. Il est bien dommage que je ne le sache pas en live, car, comme on va le voir après, la suite sera bien plus difficile…)
Je suis accueilli a l’entrée de Soucieu en Jarret par une très belle étoile filante, là, juste sur ma droite ! J’en ai rarement vu d’aussi magnifique ! J’ai l’impression qu’en tendant la main, j’aurais pu la saisir ! Le monde est beau parfois ! Mes yeux brillent…Je l’interprète aussi comme un petit coucou venu de là-haut… émotions… J’ai de la chance d’être là…Je suis bien d’être là… Je dois me le dire…
J’aime bien aussi ce ravito. Bon, c’est vrai, j’aime bien tous les ravitos. Mais celui-ci me rappelle des souvenirs ! Je revois les copains, là, sur le bord de la route, nous accueillant chaleureusement ! Un petit brin de nostalgie m’envahi...Je me sens soudain un peu seul…C’est chouette quand on peut partager ces moments de galères…
Oh, allez ! Hein ? Stop ! On se reconcentre ! On n’est pas de là !!
Comme pour mes précédents arrêts, celui-ci est aussi rapide. Je profite de la partie goudronnée descendante pour finir ma banane, je bois un peu de thé très chaud en aspirant efficacement sur ma pipette, je range tout, ressert un peu les brides de mon sac. Je suis reparti. Ma montre m’indique respectivement : dernier km-ravito en 8mn50, puis 5mn14, puis 4mn53. Je suis à un peu plus de 12km/h dans cette partie facile, ce n’est pas encore trop pire…
Je pense déjà au prochain arrêt aux aqueducs de Beaunant…Je traverse à présent cette belle passerelle sur le Garon, et je dois plutôt me concentrer sur la sévère côte technique qui suit…
Je continue sur un parcours toujours aussi varié en dénivelé. Je me trouve quand même moins à l’aise lorsque ça monte... Par contre, il y a à présent beaucoup moins de neige, et il fait sans doute un peu moins froid. Les portions de glace aussi se font plus rares, mais là, ce n'est pas forcément un avantage. On oublie qu'il peut y en avoir encore, on se méfie moins, et le risque de se faire mal est bien plus important. En plus, une nouvelle compagne de route s'invite! Ah, on ne la voie pas souvent, et de manière très furtive. Mais qu'elle prise de tête !! Sur des km, je trouve parfois .... 3m de boue !!! J'ai beau prendre toutes mes précautions, essayer de trouver des pierres, passer su les côtes, faire trois grands pas au lieu de 6 petits.....je me retrouve toujours avec 4 kg de boue dans chaque pied, que je traîne sur des km et des km.....et ça mon gonfle, mais ça me gonfle !!!!! Sans parler de cette sensation désagréable de l'humidité gelée qui pénètre avec une telle rapidité dans mes pieds...
Je repense au prochain ravito... Je me poserai 5 à 10 mn cette fois ci. Je me vois déjà déguster quelque chose de chaud...je ne regarderai pas ma montre pour savoir comment gérer le final comme je l'avais pensé. Peut importe mon chrono à l’arrivée, il faut savoir être raisonnable, et là, je dois tomber une vitesse et assurer. De toute façon, mes objectifs sont toujours trop ambitieux...ça fera qu'une fois de plus... Flo va se lever très tôt pour être au rendez vous, je n'y serai pas, elle sera déçue...
Allez courage, faut que j'avance quand même...
Ah voilà, le chemin descend dans cette vallée, le village de Chaponost doit forcément être là, et mon ravito aussi! J'allonge autant que je peux mes foulées, mon regard recherche des points de repères mémorisés des années précédentes. Puis je vois un gros bâtiment éclairé, comme une grande surface, j'y suis presque !
Mais à ma grande surprise, la flèche de signalisation m'invite à prendre ce chemin qui monte sur ma gauche ! Je n'y crois pas !! Le ravito n'est pas encore là... A ce moment là, mon moteur s'arrête ....Je suis dans le mur ! Vous savez, ce fameux mur que l'on décrit si bien dans les magasines spécialisés de running ! Plus de jus, plus de réflexions, plus rien ... Le trou noir... Pendant quelques minutes, je marche, droit devant... Le chemin descend et pourtant, je marche...impossible de faire mieux, je suis comme paralysé physiquement et moralement. Ma première idée de secours est de manger un aliment sucré, et boire un peu... Je vais perdre du temps, mais je ne stopperai pas, c est la seule certitude ... Après plusieurs longues minutes, et petit à petit, je recommence à courir tout doucement. Je me dis que, même à 8 ou 9 km/h, je rejoindrai plus vite ce fichu ravito... (Je verrai au débrif que ca s’est joué à 2km à peine)

6h41 - km 58 - ravito de Beaunant, enfin !!!
(Curieusement, je verrai d'après les classements que j'ai gagné encore 18 places sur cette très fastidieuse partie !)
Bien sur que j'ai déjà extirpé mon éco-tasse Raidlight de mon sac a dos ! Je l'ai tellement imaginé, cet arrêt ! Je prends vite fait deux ou trois aliments, et me dirige directement vers le fond du stand, attiré par l'odeur et la fumée ! J'avale tout rond cette soupe bien chaude (ça me change un peu du thé !!!) et m'en fait servir une seconde.
Mais j'avais dit que je me poserais 5mn...Mais pourrais-je repartir si je m'assois ? Je souris en croisant le regard rempli par ces mêmes interrogations, de ce coureur qui vient juste de se poser, avec hésitation. Il me répond de la même manière quand je me retrouve assis à côté de lui. Sans même se parler, on s'est bien compris ! Cette boisson me fait vraiment du bien. Je reprends peu à peu mes esprits. Je jette un coup d'œil sur ma montre lorsque j'entends à la sono qu'il reste 12 km : 6h40. ... ??? Punaise, tu dis ?? 6h40, 12kil ? A 10 km de moyenne, je passe les 70km en moins de 8h00 !!!
En même temps, il faut que je calcule aussi avec cette redoutable montée des aqueducs de Beaunant ! C'est jouable, il reste encore de longues parties descendantes, et le final tout plat.
"Allez, mon Lolo, allez !" Je suis à présent plein d'espoir! Le mur est derrière, comme par enchantement ! Je repars le couteau entre les dents. En quelques minutes, je suis passé d’une extrême à l’autre...C’est comme si, à un moment donné, la partie physique de mon corps, excédée et jalouse, avait fait la gueule à ma tète et à son moral gonflé à bloc, à ses objectif de fou. Il fallait peut-être juste que je prenne 5mn pour lui parler, 5mn pour lui redonner confiance, faire en sorte qu’elle arrête de bouder…
Je profite de cette longue et douloureuse montée pour finir de me restaurer, je bois de mon thé, pour changer ! Tout en marchant d'un bon pas, j'arrive même encore à doubler ! Curieusement, ce n’est finalement pas cette grosse montée que je redoute le plus. C’est vrai que la pente, avec un passage à plus de 20%, est terrible, mais aussi assez courte (1,5km). Rapidement, les premiers faux plats ascendants à l’approche de la traversé de St Foy m’autorisent à courir, et je suis reparti dans la pente suivante de plus belle. Je réfléchis toujours, il faut que je sois efficace. L’objectif est de rallier l’arrivée le plus rapidement possible. Il faut que je sois vif dans les descentes, aérien dans ces escaliers qui font mal aux pates, mais en étant à l’économie totale, parce que je me souviens qu’ensuite, le final est très long, et monotone à souhait.

Dernier pointage intermédiaire – Lyon centre – 7h37
(J’apprendrai que je suis à ce moment là 292ème, ce sera mon meilleur classement, avec encore 19 positions de gagnées !)
Je gère la dernière partie car je sais que je vais passer sous l’arche en moins de 8h00. Je n’oublie pas mon dernier encas prévu, et je bois un dernier thé encore un peu chaud. J’essaie d’être présentable devant les premiers photographes qui flashent encore dans la nuit ! Je m’étais dit que si le jour n’était pas encore levé lors de mon passage sur ces chemins qui mènent à la pointe du confluent, puis au final vers le Palais des Sports, ce serait bon signe ! Je profite de ces derniers moments dans le parc éclairé de Gerland. Je suis surtout illuminé de fierté lorsque je vois mon frère et ma douce, qui sont là juste pour moi…Quel bonheur, quelle émotion !!! Je passe à leur niveau en conservant mon allure, et jubile :
« Je vais le faire !!! Je vais le faire !!! »
Dernier virage, derniers mètres, le chrono officiel indique 7h55, c’est gagné : il ne me reste que quelques secondes !!! Je laisse passer un coureur ou deux pour ne pas louper la photo finish. Je suis aux anges !! Je me dis que j’obtiens ce diplôme d’argent, malgré ces conditions si difficiles !! Je ne réalise pas complètement… Je déambule dans cette zone d’arrivée, les mains sur la tête…je ne sais plus trop ou j’en suis… Tant d’efforts en 8h00 de temps ! Tant d’efforts durant toute cette année ! Beaucoup de bonheur bien sur, mais aussi tant de sacrifices…Je ne connais pas mon temps final, ni mon classement, mais je suis heureux !! Si heureux !!
Ici aussi, dans ce Palais des Sports surchauffée, les nombreux bénévoles sont aussi sympas qu’efficaces ! Les premières dames me proposent MON Teeshirt Finisher adoré, un vrai symbole à mes yeux. Je pense aux copains qui sont en course, à Dorothée. Où en sont-ils ??? Encore combien de temps de galère pour eux ? Je leur souhaite de tout cœur de poursuivre et de résister à la tentation d’abandonner ! Un petit sms : Allez, courage, vous allez être Finisher de la SaintéLyon !!!
Je retrouve mon assistance ! J’embrasse ma femme tendrement, je ne sais pas lequel des deux a les yeux qui brillent le plus…Mon sac récupéré, il va falloir songer à affronter à nouveau la neige ! Mais en voiture, cette fois !!!!

Juste avant, on me tend un thé…

Merci !!! , mais…

« Je vais prendre un café !!!!!


***********************



Voilà...

Quelque jours sont passés, et je m’en suis vraiment bien remis ! Je sens quelques picotements dans les cuisses lorsque je recours, il va falloir être prudent et patient…

Mais l’année prochaine, ça va fumer !!!!!!!


Tous mes amis, eux aussi, ont pu courir jusqu’à ce beau maillot tant convoité dans le monde de l’ultra ! Et je suis super heureux pour chacun d’entre eux. J’ai même beaucoup de respect lorsque je me répète leurs temps de course…12h02 !! 13h33 !! Quel courage !!! Quelle victoire de course !!! Quelle victoire sur eux-mêmes !!!

Je me sers de ça pour conclure :
Ce petit récit doit se lire en ne voyant surtout aucune prétention, juste du plaisir, et si possible de l’envie !! Je voudrais seulement pouvoir vous faire partager, avec humilité, ces magnifiques moments particuliers de compétition, où l’on va au bout de soi même, parfois même un peu au-delà, quel que soit son niveau de performance !
Je ne suis pas une référence !! Bien sûr je suis 302ème sur plus de 6000 inscrits, et pour moi, c’est inespéré ! Mais sachez que le premier réalise un peu plus de 5h00 ! Et le dernier est pour moi aussi un vrai champion !

La base fondamentale, c’est l’entrainement physique et, la tête !
Suivant votre objectif et votre niveau, si vous êtes bien entrainé, et si vous l’avez bien pensé, alors …


JUST DO IT !!!!!



Votre course aussi sera belle, et se retrouvera délicatement posée sur une feuille blanche !





Lolo








Laurent FOUVET – décembre 2012

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2 Super le Dim 30 Déc - 16:01

Franchement génial ton récit, bravo á toi
Nous à côté on est vraiment des touristes ( premier inter on est 1161éme, et on termine 513, au moins on a fait que doubler!!!)

Je suis inscrire au marathon du mont blanc, et je serais preneur de conseils pour préparer cette épreuve car tu m'as l'air sacrément pointu dans ta préparation

En tout cas encore bravo pour ta course et ton récit


Un petit retour en arrière pour comprendre comment j’en suis arrivé là…


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Décembre 2007 – le début de l’histoire

Nous somme cinq à vouloir tenter le défi : parcourir en solo le parcours Trail le plus vieux, le plus long, et sans doute le plus exigeant et difficile qui soit en France : la SaintéLyon !!!
Sortis tous frais de notre 1er marathon, nous somme persuadés que de passer de 42 à 70km reste plus que faisable !! Et motivés comme jamais, on s’entraine dur comme jamais pendant 3 mois pour être prêt le mieux possible !
Malheureusement, notre amie Rachou se blesse à 15 jours du départ !!!
Renoncer à participer est inconcevable ! On décide de tenter l’impossible : on courra lorsque ce sera possible, sinon on marchera, le tout au rythme de notre blessée ! On part à 5 et on arrivera à 5 !!
Et on est arrivé à 5 !!!! 11 heures 11 minutes et 32 secondes de partage, d’émotion, de doute, d’entraide, de soutien, de fatigue, de douleur et de joie…..
Mon plus beau souvenir de course à pied est là……………


Décembre 2011 – le retour

Pour diverses raisons, je n’ai pu participer les années suivantes à cette épreuve. Il faut dire que, certes, elle est très belle, et elle nous appelle comme la sirène appelle le marin !!!!
Mais elle fait aussi très peur, parce qu’elle est aussi très très difficile !!! Et être au départ en n’ayant pas réuni les conditions parfaites semble suicidaire !!!!
Pourtant c’est ce qui va arriver cette année : après mes 2ème 100km à Millau, mon entrainement est plus qu’au point, la météo est pour une fois clémente, mais une grosse grippe me tombe dessus à 3 jours du départ. Et là aussi, trop dur de jeter l’éponge….Je pars résolu à souffrir un peu, accompagné par mes Efferalgan, avec à l’esprit la possibilité d’abandonner sur un ravitaillement et de rentrer par une navette à Lyon.
Après un départ prudent et en queue de peloton, les premiers km défilent et finalement je me sens bien ! Je me sépare de mes compagnons du moment, GéII et Fred le Doc, dans la cohue du ravito de St Christo en Jarez. Je suis alors classé 2984ème.
J’adopte une allure d’endurance sur le plat, et je me rends compte que je ne suis pas si ridicule, une marche rapide dans les montées et la aussi j’arrive à doubler ! Et dans les descentes ? A fond !! Cette folle remontée fait que je me retrouve 1040ème à Soucieu en Jarrest, et 597ème à l’arrivée !! Un pur bonheur !! Je décroche même la Sainté de bronze !!



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01 et 02 Décembre 2012 – Ma SaintéLyon au Thé


Bien sur, cette expérience m’a enchanté, et bien sûr je pense que je dois pouvoir faire mieux !
J’axe mes priorités sur quelques points fondamentaux : je lève très peu le pied cet hiver, j’essaie d’être beaucoup plus constant toute l’année avec plusieurs courses à intervalles réguliers, et je me lance dans le Trail.
Et c’est très, très clair dans mon esprit, l’ombre de la SaintéLyon 2012 planera constamment sur tout ça !

J’attaque la saison le 4 mars par le défi vellave à Monistrol sur Loire : 23km, 780m de dénivelés positifs, et une place de 83/395 pour commencer.
Suivent les 21km d’Ozon le 11 mars, le semi de Feurs le 25, le marathon d’Annecy le 15 avril en 3h23, la Rivatière le 1er mai et ses 15 km, pour récupérer.
Puis je rejoins les copains le 30 juin sur la Nuit de la St Jean : un Trail, un peu long, la nuit… je confirme : ça me plait !!! On se retrouve ensuite à Marvejols et son fabuleux semi le 21 juillet, et au marathon du Médoc le 8 septembre, marathon qui me sert d’entrainement pour la course suivante, l’Ultra Trail du Grand St Jacques avec une arrivée au Puy en Velay, le 22 septembre.
On y est presque ! J’enchaine avec les foulées Fleurinoises en récup, une semaine plus tard, mais juste pour faire plaisir à notre président et à son pote organisateur !!! Et une belle 60ème place !
Je ne pouvais pas rater ensuite le 4 novembre la première édition super sympa et vraiment réussie du Sainté Trail Urbain, avec ses 28 km, 900m de dénivelés positifs et ses 2542 marches !! (L’année prochaine, ce serait sympa que Corbas Running y vienne en nombre pour y mettre le feu !!!)
Par contre, le 11 novembre est réservé pour la course locale et le semi de Bonson. C’est à deux pas de la maison, et je me chauffe pour le week-end prochain en 1h32.
Voila donc le marathon du Beaujolais le 18, et là, c’est juste pour faire la comparaison avec le Médoc !! 118ème en 3h24 !! Correct !!
Le lendemain est le grand jour pour ma p’tite Puce qui coure son 1er 10km !!! Et je l’accompagne avec un tel plaisir !!!!!! Mais bon, je reste un peu sur ma faim face à sa déception, tu recours quand, Flo ?????
Les programmes d’entrainements, loin de mon club, sont difficiles à respecter. Et c’était un choix cette année de multiplier les compétitions (près de 500km), qui me servent, à tour de rôle, de fil directeur pour garder la motivation constamment élevée dans mes programmes. Par contre, le risque est de parcourir ces km d’entrainement un peu trop vite, emporté par l’élan !!! Je passe au semi du marathon du Beaujolais en 1h30, à 2 semaines de la Saintélyon…pas très sérieux, et surtout pas très efficace et constructif pour une sortie longue prévue…
J’ai 15 jours pour, comme on dit, « faire du jus » et MA course est enfin là !!
J’essais de m’alimenter correctement et intelligemment, sans me priver comme j’ai pu le faire. Mais je dois vraiment conserver mon poids de course, que j’ai aussi eu du mal à obtenir.
Mes dernières sorties sont calmes et prudentes, surtout ne pas se faire mal !! Elles me servent aussi à finaliser le choix de mon équipement, à peaufiner les derniers réglages.
De jour en jour, la météo est annoncée de plus en plus mauvaise, et plus l’échéance arrive, et plus j’hésite à m’inscrire sur l’ultra….Ces jours-ci, lorsque je pense à cette course, je sens mon cœur taper fort dans ma poitrine. Mais là, c’est différent… Je crois que je stresse grave !!!!!! Payer si cher cette inscription pour vivre finalement une nuit de galère, il faut être un peu mazo !!! Mais y rajouter une météo exécrable, ca ressemblera plutôt à l’enfer !!! Finalement, Philippe, avec qui je prends des cours d’œnologie (oui, celui qui court la Diagonale des fous en 40 heures !!!....) met fin à mes interrogations en m’offrant un dossard !
Il fait déjà froid et humide ce vendredi lorsque je récupère mon enveloppe à St Etienne…L’avantage, c’est que je suis bien rapidement dans la fraiche et humide ambiance !!!
Comme d’habitude, mes derniers préparatifs sont réalisés avec précision, je sais parfaitement ce que je vais porter, et j’ai une totale confiance à chaque pièce de mon équipement, jusqu’aux chaussettes !! Je profite de toutes les poches de mon sac à dos, celles sur les cotés mes deux lampes H7, à gauche mes pates de fruits, à droite mon téléphone, devant mes Sporténine, derrière mon coupe vent Corbas Running, couverture de survie, piles de rechange, un deuxième bonnet, mes gants, ma licence et ma fiche de secours, … Juste le strict nécessaire, bien organisé pour être efficace en course, mais surtout avec une charge équilibrée, et la plus légère possible. Je prépare aussi mon sac pour l’arrivée avec des vêtements de rechange et ma boisson de récupération.

J’envoie un ou deux mails pour que je puisse retrouver les copains avant le départ, et je sollicite mon frangin et ma belle-sœur pour l’intendance, histoire de soulager la tache ingrate de ma p’tite femme, et aussi de me tranquilliser !! Flo ne sera pas seule au petit matin, Franck sera avec elle !!
Il est 20h00, et je me régale d’un dernier plat de spaghetti. J’ai la chance de ne pas m’en lasser !!! Il est l’heure d’y aller. On récupère Franck à Sorbiers en passant en voiture sur une partie du parcours….émotion….Dorothée est sur place depuis un moment déjà, Alain et Gilles arrivent vers les 23h accompagnés de Louis et Joëlle. Petites photos souvenir, et il est temps de rejoindre nos sas de départ. Je n’oublie pas de remercier Joëlle qui me dépanne en eau fraiche !! J’ai oublié de faire le plein de ma gourde !!! Quelques poignées de mains et petits bisous remplis d’encouragements, et je rejoins mon couloir de départ, celui des moins de 7 heures (même si j’espère juste faire moins de 8h00 je me trouve à 25m de l’arche !!! Cool !


Et voila ! La véritable histoire commence ici !

Il reste quelques secondes, le speaker chauffe l’ambiance, on allume tous nos frontales pour la beauté du départ. Pour une fois, mon GPS fonctionne bien et à temps. Je réalise deux ou trois photos avec mon téléphone, et je tape un dernier sms à ma femme pour la remercier, et lui redire comme je suis content d’être là !!! Alors oui, je le suis !!! J’ai tellement attendu ce moment, j’ai tellement couru de km à l’entrainement, j’ai déjà tellement brulé d’énergie pour avoir ce bel état de forme aujourd’hui !!! Alors oui j’y crois !! Et je vais tout donner. Bien sur je suis conscient que la partie ne sera pas simple, et qu’il va falloir être costaud et se battre toute la nuit. Je place le chrono espéré de moins de 8h00 dans un petit coin de ma tête, il ne faut pas rêver, je suis sur la SaintéLyon, et avec une météo exécrable qui a fait la légende de cette épreuve.

0h00, c’est parti !!!
Le départ est prudent, comme ci chaque concurrent voulait graver dans sa mémoire ce moment magique, un arrêt sur image… Mais ça ne dure que quelques instants, et très vite l’allure de ce bandeau lumineux accélère et devient beaucoup plus rapide que la mienne ! Je me fais doubler de tous les cotés !! Je pense à plusieurs reprises que je ne suis pas dans mon rythme, mais si ! Je suis même un peu vite, puisque j’avance à 12km/h sur les 6 premiers km. Mais je suis à l’aise, et mon cardio me le confirme en m’indiquant que je suis à 70 / 75% de ma fréquence cardiaque maxi. Et puis, les coureurs en relais vont forcement aller beaucoup plus vite que moi.
Ma première petite pose, programmée, se présente lorsque j’arrive à la pharmacie de Sorbiers. Comme à chaque fois, mon fan-club du coin est là ! Un petit bisou à ma moitié !!!
Que du bonheur !!! Et la non plus, je ne regrette pas d’être ici. Eux vont se coucher, certes pour une petite nuit afin d’être à Lyon comme moi au levé du jour. Pour moi, la nuit sera fraiche et lumineuse, une lune très claire nous accompagne, c’est beau.
Les premières cotes se présentent à moi, toujours goudronnées. Je ralentis mon allure en me fiant toujours à ma fréquence cardiaque. Je me fais encore doubler, mais je dois respecter mon plan. Je n’accélérerai qu’au premier, voir au second ravito, mais pas avant.
On laisse le centre du village pour s’enfoncer sur de plus petites routes, l’obscurité devient totale. J’allume ma frontale en réglant une intensité faible pour économiser les piles, je peux profiter de celles des « copains ». Je remarque les premières neiges sur les côtés, déjà !!! Ca promet !!
Puis une alerte retentit dans cette nuit calme !! Une plaque de verglas à eu raison de quelques uns qui se sont retrouvés aussitôt à terre… On passe sur les bords, le rythme ralentit forcement, on est tellement nombreux encore…Puis de nouveau cris, de nouvelles plaques… Punaise !!! Je me dis que ce sera surement bien plus dur que ce que j’avais imaginé….
Nous nous trouvons à présent sur les premiers chemins, et ça monte toujours. Les conditions sont de pire en pire. Il fait à présent franchement froid, et le vent glacial qui s’est levé n’arrange rien. Il y a de plus en plus de neige et de glace. Le tracé devient étroit, et nous nous retrouvons tous en file indienne. Bien sur, ça va moins vite, et il n’est pas question de doubler, ou alors rarement. Je devrais peut-être mettre les chaines à mes baskets ? Je vais perdre du temps, alors que je suis dans le bon wagon. Et de toute façon, je n’irai pas plus vite. Et lorsque je retrouverai une partie goudronnée, serai-je aussi efficace ???
Je décide d’attendre un peu, je verrai plus tard. J’économise plutôt ma mécanique, je me concentre sur ma respiration. Je suis calme et serein. Je mange une pate de fruit, et j’aspire sur ma pipette pour boire un peu, mais !!!... Mon tube est gelé !!! Mince alors !!! On dirait une granita !!! J’avais bien pris soin de mettre toutes les protections néoprènes, pourtant… Je glisse l’embout du tube dans l’encolure de ma veste technique pour que tout à l’heure ce soit mieux…
Les hauteurs avant St Christo en Jarez sur le col de la Gachet nous proposent un panorama magnifique. Le ruban lumineux se dessine derrière moi à perte de vue, les illuminations du 8 décembre avant l’heure !!!
Simplement magique, unique, exceptionnel !!!
Devant, ce sont maintenant les lueurs du village de St Christo qui se dessinent dans la nuit. Je perds quelques places, en m’arrêtant 2mn au coin d’un arbre. C’est impressionnant comme immédiatement le froid me saisit !! Je sens mon corps commencer à s’engourdir à une vitesse folle !!! Alors qu’en courant, ça reste supportable. Je ne pensais pas qu’il faisait si froid…

Voila juste 1h30 que je cours lorsque je passe le point relais du premier ravito à St Christo, et déjà 16km derrière.
(Les stats à l’arrivé montreront que j’ai perdu 151 places sur cette portion)
Je me contrains à stopper un instant, mais mes gestes sont calculés, il y a beaucoup de monde devant ce premier stand, et je dois repartir avant. J’avais réfléchi que je pouvais verser un peu de thé chaud sur mon eau gelée, pour résoudre mon petit problème. Je prends un morceau de banane, et je craque sur un gâteau !!
Jusqu’au km 28 et le deuxième ravito, après avoir franchi le point culminant de ces 70km à 865m d’altitude, le profil est beaucoup plus mixte, et je suis plus à mon aise. Je lâche un peu la bride, même si l’adhérence est plus que précaire !!! Chaque pas demande une vigilance totale. Le moindre relâchement et c’est la faute !!! Plusieurs coureurs tombent autour de moi, et me rappellent qu’il est vite possible de se faire très mal, et d’anéantir ses chances de rallier l’arrivée. J’ai toujours autant de difficultés à me désaltérer, je n’ai pas du rajouter assez de thé…la poisse !

Ste Catherine, âme de la Sainté ! 2h51 d’effort, 28 km
(et plus de 100 places de gagné au scratch)
Je suis relativement frais, et c’était la base de mon programme de course. Jusque là, tout va bien. Cette fois ci, je vide ma gourde et la remplis complètement de thé chaud ! Ouahou, effectivement, c’est chaud, le contraste est surprenant ! Je gobe deux trois gourmandises au passage, et hop, c’est reparti de plus belle !
Le célèbre passage dans le bois d’Arfeuille a vu ma première chute. Forcement, descendre à plus de 15km/h sur ces chemins glissants, pierres humides recouvertes de feuilles, ca devait finir par arriver, même en plein phare grâce à l’aide de mes deux frontales H7 et leurs 360 lumens !! Plus de peur que de mal, heureusement (merci le judo et l’apprentissage des chutes !) Et je remarque que mes compagnons de routes du moment sont super attentionnés...Les échanges sont très rares, voire inexistants. Mais chacun sait qu’on avance dans la même galère, et que, quelque part, dans ce milieu assez hostile, il faut savoir se serrer les coudes et s’entraider. Un coup dur peu très vite arriver.

Voila le ravito de St Genoux, il est 3h58 au km 36
(et j’ai doublé encore 112 fois)
J’en ai fais la moitié ! Je ne trouve pas forcément le temps long, mais je me surprends à me faire la réflexion, malgré tout. Je prends là aussi 2 à 3mn pour me ravitailler, et remettre du thé ! Et je place un morceau de banane pour plus tard dans ma poche poitrine. Finalement je finirai par la jeter plusieurs km plus tard, car….complètement gelée !!!!
Le profil me convient de plus en plus, car plus descendant. Je m’efforce de garder ma concentration à son maximum, et ça me demande beaucoup d’énergie. Je sens que je commence à puiser dans mes réserves. Je pense à m’alimenter régulièrement, et, même si je ne suis plus sur le marathon de Londres, il me plait assez de boire mon thé, certes de moins en moins chaud au fil des km, mais bien plus agréable et réconfortant que de l’eau gelée…Voila que par deux fois on quitte le tracé habituel en parcourant deux boucles, d’abord à droite et ensuite à gauche. Nous sommes sûrement sur la nouvelle portion rajoutée cette année, le Bois de la Gorge et le Bois de la Dame. Pour l’avoir étudié grâce à Google Earth, je sais d’une part que, pour les deux boucles, on descend un max pour remonter à nouveau tout en haut, mais aussi que, d’autre part, ces deux difficultés passées, on plonge sérieusement sur Lyon.

Km47, 5h15 sur mon Polar
(les résultats définitifs indiqueront que je suis, à ce moment là, 332ème. J’ai, sur cette portion, doublé encore 115 fois. Il est bien dommage que je ne le sache pas en live, car, comme on va le voir après, la suite sera bien plus difficile…)
Je suis accueilli a l’entrée de Soucieu en Jarret par une très belle étoile filante, là, juste sur ma droite ! J’en ai rarement vu d’aussi magnifique ! J’ai l’impression qu’en tendant la main, j’aurais pu la saisir ! Le monde est beau parfois ! Mes yeux brillent…Je l’interprète aussi comme un petit coucou venu de là-haut… émotions… J’ai de la chance d’être là…Je suis bien d’être là… Je dois me le dire…
J’aime bien aussi ce ravito. Bon, c’est vrai, j’aime bien tous les ravitos. Mais celui-ci me rappelle des souvenirs ! Je revois les copains, là, sur le bord de la route, nous accueillant chaleureusement ! Un petit brin de nostalgie m’envahi...Je me sens soudain un peu seul…C’est chouette quand on peut partager ces moments de galères…
Oh, allez ! Hein ? Stop ! On se reconcentre ! On n’est pas de là !!
Comme pour mes précédents arrêts, celui-ci est aussi rapide. Je profite de la partie goudronnée descendante pour finir ma banane, je bois un peu de thé très chaud en aspirant efficacement sur ma pipette, je range tout, ressert un peu les brides de mon sac. Je suis reparti. Ma montre m’indique respectivement : dernier km-ravito en 8mn50, puis 5mn14, puis 4mn53. Je suis à un peu plus de 12km/h dans cette partie facile, ce n’est pas encore trop pire…
Je pense déjà au prochain arrêt aux aqueducs de Beaunant…Je traverse à présent cette belle passerelle sur le Garon, et je dois plutôt me concentrer sur la sévère côte technique qui suit…
Je continue sur un parcours toujours aussi varié en dénivelé. Je me trouve quand même moins à l’aise lorsque ça monte... Par contre, il y a à présent beaucoup moins de neige, et il fait sans doute un peu moins froid. Les portions de glace aussi se font plus rares, mais là, ce n'est pas forcément un avantage. On oublie qu'il peut y en avoir encore, on se méfie moins, et le risque de se faire mal est bien plus important. En plus, une nouvelle compagne de route s'invite! Ah, on ne la voie pas souvent, et de manière très furtive. Mais qu'elle prise de tête !! Sur des km, je trouve parfois .... 3m de boue !!! J'ai beau prendre toutes mes précautions, essayer de trouver des pierres, passer su les côtes, faire trois grands pas au lieu de 6 petits.....je me retrouve toujours avec 4 kg de boue dans chaque pied, que je traîne sur des km et des km.....et ça mon gonfle, mais ça me gonfle !!!!! Sans parler de cette sensation désagréable de l'humidité gelée qui pénètre avec une telle rapidité dans mes pieds...
Je repense au prochain ravito... Je me poserai 5 à 10 mn cette fois ci. Je me vois déjà déguster quelque chose de chaud...je ne regarderai pas ma montre pour savoir comment gérer le final comme je l'avais pensé. Peut importe mon chrono à l’arrivée, il faut savoir être raisonnable, et là, je dois tomber une vitesse et assurer. De toute façon, mes objectifs sont toujours trop ambitieux...ça fera qu'une fois de plus... Flo va se lever très tôt pour être au rendez vous, je n'y serai pas, elle sera déçue...
Allez courage, faut que j'avance quand même...
Ah voilà, le chemin descend dans cette vallée, le village de Chaponost doit forcément être là, et mon ravito aussi! J'allonge autant que je peux mes foulées, mon regard recherche des points de repères mémorisés des années précédentes. Puis je vois un gros bâtiment éclairé, comme une grande surface, j'y suis presque !
Mais à ma grande surprise, la flèche de signalisation m'invite à prendre ce chemin qui monte sur ma gauche ! Je n'y crois pas !! Le ravito n'est pas encore là... A ce moment là, mon moteur s'arrête ....Je suis dans le mur ! Vous savez, ce fameux mur que l'on décrit si bien dans les magasines spécialisés de running ! Plus de jus, plus de réflexions, plus rien ... Le trou noir... Pendant quelques minutes, je marche, droit devant... Le chemin descend et pourtant, je marche...impossible de faire mieux, je suis comme paralysé physiquement et moralement. Ma première idée de secours est de manger un aliment sucré, et boire un peu... Je vais perdre du temps, mais je ne stopperai pas, c est la seule certitude ... Après plusieurs longues minutes, et petit à petit, je recommence à courir tout doucement. Je me dis que, même à 8 ou 9 km/h, je rejoindrai plus vite ce fichu ravito... (Je verrai au débrif que ca s’est joué à 2km à peine)

6h41 - km 58 - ravito de Beaunant, enfin !!!
(Curieusement, je verrai d'après les classements que j'ai gagné encore 18 places sur cette très fastidieuse partie !)
Bien sur que j'ai déjà extirpé mon éco-tasse Raidlight de mon sac a dos ! Je l'ai tellement imaginé, cet arrêt ! Je prends vite fait deux ou trois aliments, et me dirige directement vers le fond du stand, attiré par l'odeur et la fumée ! J'avale tout rond cette soupe bien chaude (ça me change un peu du thé !!!) et m'en fait servir une seconde.
Mais j'avais dit que je me poserais 5mn...Mais pourrais-je repartir si je m'assois ? Je souris en croisant le regard rempli par ces mêmes interrogations, de ce coureur qui vient juste de se poser, avec hésitation. Il me répond de la même manière quand je me retrouve assis à côté de lui. Sans même se parler, on s'est bien compris ! Cette boisson me fait vraiment du bien. Je reprends peu à peu mes esprits. Je jette un coup d'œil sur ma montre lorsque j'entends à la sono qu'il reste 12 km : 6h40. ... ??? Punaise, tu dis ?? 6h40, 12kil ? A 10 km de moyenne, je passe les 70km en moins de 8h00 !!!
En même temps, il faut que je calcule aussi avec cette redoutable montée des aqueducs de Beaunant ! C'est jouable, il reste encore de longues parties descendantes, et le final tout plat.
"Allez, mon Lolo, allez !" Je suis à présent plein d'espoir! Le mur est derrière, comme par enchantement ! Je repars le couteau entre les dents. En quelques minutes, je suis passé d’une extrême à l’autre...C’est comme si, à un moment donné, la partie physique de mon corps, excédée et jalouse, avait fait la gueule à ma tète et à son moral gonflé à bloc, à ses objectif de fou. Il fallait peut-être juste que je prenne 5mn pour lui parler, 5mn pour lui redonner confiance, faire en sorte qu’elle arrête de bouder…
Je profite de cette longue et douloureuse montée pour finir de me restaurer, je bois de mon thé, pour changer ! Tout en marchant d'un bon pas, j'arrive même encore à doubler ! Curieusement, ce n’est finalement pas cette grosse montée que je redoute le plus. C’est vrai que la pente, avec un passage à plus de 20%, est terrible, mais aussi assez courte (1,5km). Rapidement, les premiers faux plats ascendants à l’approche de la traversé de St Foy m’autorisent à courir, et je suis reparti dans la pente suivante de plus belle. Je réfléchis toujours, il faut que je sois efficace. L’objectif est de rallier l’arrivée le plus rapidement possible. Il faut que je sois vif dans les descentes, aérien dans ces escaliers qui font mal aux pates, mais en étant à l’économie totale, parce que je me souviens qu’ensuite, le final est très long, et monotone à souhait.

Dernier pointage intermédiaire – Lyon centre – 7h37
(J’apprendrai que je suis à ce moment là 292ème, ce sera mon meilleur classement, avec encore 19 positions de gagnées !)
Je gère la dernière partie car je sais que je vais passer sous l’arche en moins de 8h00. Je n’oublie pas mon dernier encas prévu, et je bois un dernier thé encore un peu chaud. J’essaie d’être présentable devant les premiers photographes qui flashent encore dans la nuit ! Je m’étais dit que si le jour n’était pas encore levé lors de mon passage sur ces chemins qui mènent à la pointe du confluent, puis au final vers le Palais des Sports, ce serait bon signe ! Je profite de ces derniers moments dans le parc éclairé de Gerland. Je suis surtout illuminé de fierté lorsque je vois mon frère et ma douce, qui sont là juste pour moi…Quel bonheur, quelle émotion !!! Je passe à leur niveau en conservant mon allure, et jubile :
« Je vais le faire !!! Je vais le faire !!! »
Dernier virage, derniers mètres, le chrono officiel indique 7h55, c’est gagné : il ne me reste que quelques secondes !!! Je laisse passer un coureur ou deux pour ne pas louper la photo finish. Je suis aux anges !! Je me dis que j’obtiens ce diplôme d’argent, malgré ces conditions si difficiles !! Je ne réalise pas complètement… Je déambule dans cette zone d’arrivée, les mains sur la tête…je ne sais plus trop ou j’en suis… Tant d’efforts en 8h00 de temps ! Tant d’efforts durant toute cette année ! Beaucoup de bonheur bien sur, mais aussi tant de sacrifices…Je ne connais pas mon temps final, ni mon classement, mais je suis heureux !! Si heureux !!
Ici aussi, dans ce Palais des Sports surchauffée, les nombreux bénévoles sont aussi sympas qu’efficaces ! Les premières dames me proposent MON Teeshirt Finisher adoré, un vrai symbole à mes yeux. Je pense aux copains qui sont en course, à Dorothée. Où en sont-ils ??? Encore combien de temps de galère pour eux ? Je leur souhaite de tout cœur de poursuivre et de résister à la tentation d’abandonner ! Un petit sms : Allez, courage, vous allez être Finisher de la SaintéLyon !!!
Je retrouve mon assistance ! J’embrasse ma femme tendrement, je ne sais pas lequel des deux a les yeux qui brillent le plus…Mon sac récupéré, il va falloir songer à affronter à nouveau la neige ! Mais en voiture, cette fois !!!!

Juste avant, on me tend un thé…

Merci !!! , mais…

« Je vais prendre un café !!!!!


***********************



Voilà...

Quelque jours sont passés, et je m’en suis vraiment bien remis ! Je sens quelques picotements dans les cuisses lorsque je recours, il va falloir être prudent et patient…

Mais l’année prochaine, ça va fumer !!!!!!!


Tous mes amis, eux aussi, ont pu courir jusqu’à ce beau maillot tant convoité dans le monde de l’ultra ! Et je suis super heureux pour chacun d’entre eux. J’ai même beaucoup de respect lorsque je me répète leurs temps de course…12h02 !! 13h33 !! Quel courage !!! Quelle victoire de course !!! Quelle victoire sur eux-mêmes !!!

Je me sers de ça pour conclure :
Ce petit récit doit se lire en ne voyant surtout aucune prétention, juste du plaisir, et si possible de l’envie !! Je voudrais seulement pouvoir vous faire partager, avec humilité, ces magnifiques moments particuliers de compétition, où l’on va au bout de soi même, parfois même un peu au-delà, quel que soit son niveau de performance !
Je ne suis pas une référence !! Bien sûr je suis 302ème sur plus de 6000 inscrits, et pour moi, c’est inespéré ! Mais sachez que le premier réalise un peu plus de 5h00 ! Et le dernier est pour moi aussi un vrai champion !

La base fondamentale, c’est l’entrainement physique et, la tête !
Suivant votre objectif et votre niveau, si vous êtes bien entrainé, et si vous l’avez bien pensé, alors …


JUST DO IT !!!!!



Votre course aussi sera belle, et se retrouvera délicatement posée sur une feuille blanche !





Lolo








Laurent FOUVET – décembre 2012 [/font] [/b]
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