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MES 100 KM DE PAPIER

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1 MES 100 KM DE PAPIER le Ven 20 Nov - 0:47

Il était une fois …


Un certain 22 novembre 2008.
Une de ces merveilleuses soirées où on se sent bien, où on serait prêt à refaire le monde.
Deux amis de longue date se retrouvent à nouveau pour une discussion des plus sérieuses :
Quelle sera la prochaine course de « ouf » à mettre à leur actif ????
Après le semi, le marathon était déjà plus sérieux. Puis la SaintéLyon (et ses 69 km) devenait Leur course à accrocher…
Mais voila, ils viennent de la finir !!!!

***********************

Ils vont trouver mieux !!

***********************

A présent, on va parler d’Ultra !!!

De ces courses longue distance où les
capacités physiques seules ne font pas tout…

Nous allons nous lancer, Rachel et moi,
et avec qui voudra bien nous suivre,
Dans … une aventure de dingue,
Dans une épreuve de légende,
Le nec plus ultra des 100 km,
Celle qui fait autant peur que…

………………………REVER…………………………





LES 100 KM DE MILLAU 2009







***********************


Je vais commencer par un petit mot sur Rachel.

Pace que une idée folle comme accrocher Millau et ses 100 km de légende à notre faible palmarès, il n’y a qu’elle pour l’avoir. Et c’est vrai que je ne suis jamais loin pour être le premier à vouloir la suivre…
Rachou, c’est mon amie de toujours, et celle avec qui je me suis lancé dans les défis les plus fous, Et quand elle a pensé un « truc », c’est comme si c’était fait, on pourrait dire l’esprit plus fort que le corps. Un exemple ? Une trop importante blessure à la cheville, 15 jours avant la SaintéLyon allait la contraindre à déclarer forfait …
C’était bien mal la connaître !!
Ce 2 décembre 2007, nous allons franchir la ligne des 69 km en 11h et 11mn !!!
Et c’est vrai qu’à la fin de mon montage vidéo de cette course, l’idée m’a effleuré de nous lancer dans un 100 km. Je dis bien effleuré !!!
Et voilà comment aujourd’hui la ville de Millau, où l’histoire du 100 km en France a commencé, nous attend ! Nous sommes avant tout bien conscients, que le long parcours sera semé d’embûches, et la satisfaction d’aller au bout à la hauteur de nos souffrances. Nous allons là-bas avec comme objectif de finir la course, et dans un état correct.
Une idée de chrono serait donc stupide.

Pour mette toutes les chances de notre côté, nous devons penser à tout, afin de nous préparer au mieux, de ne rien oublier, de ne rien laisser au hasard, de pas être pris de court.
L’entrainement physique et mental sera la clef de voute de notre projet.
Et nous devons soigner plus particulièrement plusieurs points : la gestion du parcours, le souci de travailler une allure spécifique, l’alimentation et le suiveur.

**

Ce lundi 23 février 2009, ben, ‘suis rudement content !!! : Denis, le mari d’Isa, veut bien me suivre dans l’aventure. Me voila donc bien encadré !

Le rôle de Denis et des suiveurs en général est primordial pour les coureurs.
Pour ma part, je le considère comme une condition de réussite. Il sera là pour porter mes ravitaillements solides et liquides, diverses tenues ou autres baskets, lampes frontales, pharmacie, lunettes de soleil,….. Parer à mes moindres sollicitations, mais aussi me forcer à m’alimenter lorsque j’oublierai involontairement ou au contraire bien volontairement lorsque je n’aurai plus envie d’avaler quoi que ce soit…..
Nous devrons donc apprendre à nous connaître, à nous supporter, à créer une sorte de complicité au cours de nos longs entraînements pour que, le jour des 100 km, notre efficacité et notre entente soient une réelle force dans les coups durs.
Je me rends bien compte que la partie, pour lui, sera loin d’être facile. Il devra gérer l’agencement de son vélo avec un maximum de place disponible et un minimum de poids. Et toutes ses capacités physiques et morales seront grandement mises à l’épreuve lorsqu’il faudra traîner ce fardeau sur les longues pentes de St Afrique … avec moi à ses cotés !!!!!
Denis, 100 mercis par avance ……

**

Il me faut à présent un coach du tonnerre pour un entraînement plus que spécifique !
C’est là que Gégé intervient pour nous….

Il connaît tout de nos dernières prestations jusqu'à notre forme du moment. Comptant sur ses connaissances et ses qualités d’entraineur, nous allons nous appuyer sur lui pour, avant, et pendant notre objectif. Notre Gégé sait lire en nous comme personne, et c’est un vrai booster. Le jour de l’épreuve, étant le suiveur de Rachou, nous aurons le privilège de l’avoir constamment à nos côtés, et nous prenons ça comme un atout de première. Il y a, là aussi, un nouveau côté rassurant dans le montage de notre défi.

Un programme sur treize semaines va nous accompagner du 29 juin au 26 septembre.
Du court, du long, des montées et des descentes, de l’allure marathon, mais surtout de l’allure spécifique 100 km. En effet, il est primordiale d’apprivoiser cette allure (8 km/h) que l’on va essayer de garder plus de 12h00 minimum, sur un terrain plus qu’accidenté, sachant que cette allure ne correspond à aucune autre habituelle (environ 13.5 km/h pour mon dernier marathon du printemps). Il faudra, le jour J, être économe de nos efforts, ne pas partir trop vite, plus vite que notre allure 100, afin d’éviter la sanction et l’échec bien avant la ligne d’arrivée..
L’abscence de mon Gégé sur mon marathon d’Annecy a vraiment été difficile. Punaise, c’est vraiment trop de la balle que tu sois de la partie !!!!!

**

Je parle de « côté rassurant » parce que, pour oser s’inscrire pour Millau, c’est déjà une épreuve !!! Effectivement, le problème du runner qui veut tenter ce challenge, c’est d’avoir « la tête », penser qu’on peut le faire, qu’on a les capacités d’aller au bout, qu’on trouvera les ressources mentales lorsqu’on sera dans l’enfer des côtes de l’Aveyron pour avoir la force de continuer à avancer…Un 100 km fait peur : 100 km, c’est la distance qui sépare St Etienne de Thiers ou encore Lyon de Valence …Finir les 100 km de Millau, ça veut dire en plus avoir gravi 4 cols terribles que l’on redescend encore plus difficilement, et parfois sous une chaleur torride…L’organisme est sollicité comme jamais. Le risque de partir trop vite, d’être mal ou sous alimenté, ou malade avant l’arrivée est omniprésent. Je ne parle pas d’une blessure en phase préparatoire ou dans l’épreuve même. Pour un jogger, finir un 100 km, c’est un exploit…
Mais finir Millau, c’est entrer dans la légende !!!

Alors, le programme bien étoffé de mon Gégé, si je le respecte, si je ne me blesse pas, m’aidera à faire de moi, en partie, la veille du départ, un homme serein. Il est « magnété » sur le frigo, dispo su ma table de chevet, et tout à fait accessible dans le bureau…..Sans compter qu’un exemplaire (j’oubliais : dûment rempli ça va de soi) me suit lors de mes entrainements extérieurs !!!! Ah, je vais le suivre à la lettre, ligne par ligne, comme si ma force morale allait grandir au fur et à mesure des km qui s’amoncellent …

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Fréquence cardiaque au repos, fréquence cardiaque maxi, pulsations par minute …, même notre Isa commence à parler chiffres avec le coach !!!!

Parce que c’est officiel, Isa sera aussi de la partie !!! Super !!! C’est à coup sûr Rachou qui a dû lui mettre l’eau à la bouche …Là, les amis, ça va tchatcher dur … croyez-moi !!!!
- «oui mais j’suis en retard sur vous !!!…..il me manque 300 km !!!…je ne serai pas prête à temps !!!….gnin gnin gnin… »
Quand je vous disais : « la tête » …… :

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Alors que Jérôme, lui, de son côté, ne se fait pas de bile !!!!

C’est vrai qu’il y a toujours une exception à la règle ….
Jérôme, c’est la force tranquille, et l’humour en plus…
- « Millau ??? 100km, que tu dis ???? Ouais, pourquoi pas, après tout …. »
Jérôme, on ne se fait pas de souci pour lui….
En même temps, il est bien entrainé, sérieux malgré les apparences, et tout à fait taillé pour cet exercice…
Bienvenue à toi aussi, mon Jérôme !!! Avec toi, on ne va pas s’ennuyer !!!!!

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Ma préparation débute donc le mardi 30 juin avec 2h00 et 20 km autour de Veauche.
Ce footing allure 2 est un peu rapide pour le coup, mais ce sera bien là toute la difficulté ….
Depuis le début de l’année, et en vue de Millau, je compte environ 1500 km de running, et un marathon que je me suis efforcé de finir en 3h 05. Je vais donc me gendarmer pour apprendre mon allure spécifique, courir doucement et longtemps…

Les 453 km du mois de juillet voient en moi quelqu’un de régulier et concentré.
Finalement, en 2, voire 3 heures de temps, on en voit, « du pays » !!! Je croise ici le tracteur qu’avait mon grand-père quand j’étais gamin… je me surprends dans ce bois à humer une bonne odeur de sucré, souvenir de ces longues sorties de vtt, une autre époque où je ne courais pas encore…Je me retourne là, tout au bruit, c’est sûr que c’est le doux son du « flat 6 » d’une Porsche. Gagné !…Et dans ce coin, c’est fou le nombre de lapins qui me regardent passer !!!Ils se moquent, ou quoi !!!

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J’ai la chance d’être secondé par Flo comme jamais. En dehors de mon travail, de mes repas et de mes moments de sommeil, ma moitié fait en sorte que j’en fasse le moins possible pour que je puisse respecter à la lettre notre plan d’entraînement accroché sur le frigo. Je me rends compte qu’elle le connaît autant que moi :
-« et aujourd’hui, tes 1h40, tu les fais pas ??? »
On en arrive presque à un point où elle mange des pates à ma place !!!!! J’ai écrit « notre » plan d’entraînement, parce que, depuis qu’elle a son nouveau vélo, elle se joint à mes escapades champêtres, et les heures de running où elle m’accompagne sont bien moins fastidieuses. Et çà, ça compte aussi pour le moral !!! Avec ma Puce, on tchatche et….c’est cool !!!!
Du coup, les sorties sont longues et ennuyeuses lorsque je suis seul …
Aussi, je donne une réponse favorable à l’invitation de mes amis de Corbas. Nous devons courir 2h45 ce samedi 18 juillet, et ça ne me fait aucune peine de me lever tôt pour être à 7h30 au stade Lachenal !!!
Et j’en profite pour inviter personnellement mon Denis …………
Mais bon, un sommeil en retard a raison de lui…là, ce n’est pas le jour !
N’empêche que ce fut fort agréable, je n’ai pas vu le temps passer, nous avons bien discuté, bien rigolé. Gégé a pu courir avec nous, et je me rassure en voyant Rachou avec un moral au beau-fixe. La convivialité au sein de ce club est toujours aussi remarquable, on fait sûrement des envieux, et je me demande même si certains et certaines ne seraient pas tentés par l’expédition Millau ………..

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Aujourd’hui, sur le retour, une voiture se porte à mes côtés, au ralenti….
-« bonjour, vous courez depuis longtemps ? … Vous vous entraînez pour quoi ? ….. »
Au fils des minutes, j’ai appris que c’était un ancien boxeur, qu’il avait du arrêter momentanément sa carrière parce qu’il avait « pris une balle » lors d’une bagarre, et qu’il s’était mis à la course à pied.J’ai
croisé le destin d’un mec sympa, on s’est serré la main…Un moment de vie rigolo.

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Denis m’appelle pour me proposer une sortie en binôme, voir si son matériel tient la route. Ce mercredi 18 août, nous partons tous les 4 visiter Veauche « by run and bike ». Veauche Bourg, l’allée des châteaux, Cité St Laurent, la Verrerie, le gymnase et sa salle de judo, petit crochet par le bout de piste de l’aéroport pour Isa, et retour à la maison. 1h26 et 13 km plus tard, il est l’heure d’un léger débriefing autour d’une bonne bouteille de rosé…

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Ah, ce Jean-Claude !!!!! J’ai mis un moment pour le décider …..

Un vrai dur à cuire, je vous dis…Sérieusement, je pense vraiment qu’il a les jambes pour affronter ce géant de viaduc. La saintéLyon, la Nuit de la St Jean, les Trials comme les foulées Vourloises, les 21 km d’Ozon, la R.T.T de Marles, tous des terrains et des distances qu’il affectionne particulièrement ….Simplement, il est impératif que de son côté il travaille très sérieusement son allure type et la régularité en course, et que du nôtre, on pense à l’attacher au départ pour ne pas qu’il s’envole comme il a l’habitude de le faire !!!

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L’anecdote du jour :
Ma foulée est rythmée au son de mon mp3, et plus particulièrement par Calogéro qui me chante : « je ne suis riche que de mes amis… » J’ai le temps de méditer sur ça… C’est vrai que 100 vous, mes amis, je serais loin de m’être lancé dans cette aventure, et peut-être que plus tard, je vous remercierai…Mais bon, là, je cours depuis un peu plus de trois heures, et franchement, on peut le voir autrement !!!!!

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Les vacances arrivent, et chacun va partir un peu, de son côté, sans oublier bien sûr son plan d’entraînement et la rigueur qui va avec.
Personnellement, je vais user mes running de 530 km de plus en ce mois d’août ensoleillé.
Mes terrains de jeu sont variés. Belle-maman nous accueille à St Rémy de Provence. Les sentiers y sont magnifiques et m’offrent une vue tantôt sur le majestueux Ventoux, tantôt sur la chaine des Alpilles. Josy est aussi très respectueuse et conciliante par rapport à mon projet. Mes repas sont un peu…à part. Je mets même l’E.P.O. avec mes Beaux-frères de côté !! Entendez Eau-Pastis-Olives…
Ensuite, je profite pour découvrir Fréjus grâce à de sorties aux aurores, à la fraiche, pour ne pas gêner le programme familial de nos vacances à la mer. Ou alors, je joins l’utile à l’agréable : je pars à 7h00 pour être à l’entrée d’Aqualand à 9h00, ou je rejoins Flo en 2h00 sur la base aérienne désaffectée, elle va m’accompagner en vélo 1h00 de plus pendant que Max réalise ses figures incroyables sur le beau skatepark du lieu.
Pendant ce temps là, quelques mails des copains fusent de temps en temps…
Malgré les congés, il me semble que le projet Millau est bien dans nos têtes, et qu’un esprit de groupe est là et bien là. Nous avons hâte de partager nos émotions et nos ressentis, voir si nous avançons dans la même direction.
Plusieurs fois, le choix de courir tous ensemble à une même allure est revenu en haut de la liste parmi toutes nos interrogations…Mais je crois de plus en plus qu’une réelle force supplémentaire viendra de cette ambiance fraternelle, qui existe déjà dans le club, et que je retrouve de plus en plus dans notre petite équipe.

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Ce soir de fin août, nous nous retrouvons pour un rendez-vous préparation, dirigé par Corinne et Philippe Dols[b]. Corinne est une championne sur courses longues distances (Paris-Colmar : 317 km en moins de 45h00 !!) entraînée par son mari. Comme d’habitude, Rachel et Gégé ont encore mis les petits plats dans les grands. Mais surtout, nous allons tout noter ! De la composition des sacs du coureur, de la préparation du paquetage sur les vélos, de la gestion des dernières semaines d’entrainement, en passant par le difficile problème de l’alimentation…En tous points de vue, on considère leurs conseils comme modèle pour le bon déroulement de notre course. Surtout, nous nous ravitaillerons toutes les 40mn en solide, testé au préalable et numéroté, et nous devrons boire de l’eau énergétique toutes les 10mn. On insiste aussi quant au rôle primordial du suiveur. Petite page Phiten pour solder la soirée : ces petites pastilles de titane qui sont sensées améliorer la récupération musculaire, nous allons aussi les tester sur le terrain.
Nous ne laissons vraiment rien au hasard, l’efficacité de tous ces conseils reste à prouver, mais on le sent bien, et c’est bien la l’essentiel !!

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Dimanche 23 août, je reçois un message d’Isa :
« D'abord, eurêka, j'ai couru 3h10 samedi, environ 27/28km : 1h30 avec trois membres du club, le reste seule avec mon mp3; Merci Laurent: discuter avec toi m'a "reboostée".
Et puis, totalement autre chose: n'aurais-je pas oublié ....un soutien gorge dans la chambre d'amis??? Genre ...... ...... Bisous à vous trois
Isa »
Ce mail appuie deux de mes propos :
- une histoire constante de confiance en soi.
- l’esprit « d’équipe » ??

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Nous voilà en ce [b]samedi 29 août
à un mois de l’objectif et nous décidons de partir effectuer, en guise de dernière sortie longue, une reconnaissance Live sur les terres Aveyronnaises.

Nous allons découvrir les 50 derniers km du parcours dans l’après-midi et 1h00 sur la partie marathon demain.
Notre programme est super réfléchi, et l’organisation sans faille. Denis vient de nous dégoter un Renault Trafic, et nous voyageons à six, avec sacs et vélos !!! Trop cool !! Nous n’avons pas oublié le casse-croûte, et 3h avant de courir, s’il vous plait !! Au programme, devinez ?....pâtes et jambon…
Après avoir pris rapidement possession de nos chambres, il est temps de partir sur notre point de départ, puisque un long parcours nous attend, et il et déjà plus de 15h00. Effectivement, même si nous partons avant nos accompagnants, le temps qu’ils ajustent leurs montures, la nuit va rapidement nous surprendre. Mais l’émotion du moment, l’excitation de courir sur ces route de légende, les petit soucis d’Isa qui essaie de se faire remarquer…qu’on en oublie complètement Flo !!! Oh, on a été souvent en contact avec elle, on lui a même fait réserver le resto de ce soir à 21h00…23h00 passées, un MacDo va nous sauver de la famine…Encore désolé, ma Puce…pas d’excuses…Ce que je te fais endurer !!! J’espère que, le 26 septembre prochain, je serai au moins à la hauteur de ce que je t’aurai fait supporter jusque là…

Un petit déjeuner comme on les aime débute notre journée de dimanche.
Même pas de courbature ce matin !! Notre moral est au beau fixe : vu la séance d’hier, on doit tous pouvoir le faire !!
Un petit entrainement d’une heure nous fait découvrir un bout de la partie marathon, suivi d’un repas en ville pour fêter notre inscription officielle pour les 100 kms de Millau !!!
Là, la machine est lancée….
Wonderful !!

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Il est 13h45 ce vendredi 25 septembre et nos amis de Corbas, conduits par Pierrot et Gégé arrivent à Veauche. Comme nous sommes contents de nous retrouver !!! Là, ça y est. Cette dernière semaine a été longue : suspicion de grippe A chez notre fils Maxou ! Jusqu’à la dernière minute, j’ai eu peur que Flo ne puisse m’accompagner… En plus, même si j’ai déjà parcouru 230 km ce début septembre, une seule sortie était autorisée (d’une petite heure…) pour cette semaine et j’ai les jambes qui trépignent d’impatience !!!
Après un petit café, nous voilà en route pour l’aventure ! D’un côté, Jérôme, Jean-Claude, Pierrot et les vélos ! Et de l’autre, Rachou, Isa, Flo, Gégé, et moi. Les filles papotent à l’arrière et les gars à l’avant !
On rêve qu’on y est déjà…
Arrivés à Millau, direction le parc de la victoire pour retirer nos dossards. Sur le parking, je rencontre Jean-Philippe, un collègue de mon ancien club (Forez athlétique club) accompagné du coach. Quelques échanges, une photo, un petit moment bien sympathique.
Je rejoins ensuite mes amis qui m’attendent devant une salle bondée. Ici, des infos sont données pour le repas d’arrivée. Là, sur ces panneaux géants, le profil de la course nous saute aux yeux (petit frisson dans de dos). Au fond, sur un écran, sont retransmises des vidéos des éditions antérieures. Dans ce coin, Jérôme et Jean-Claude se prêtent à des tests pour une grande marque de chaussures, partenaire de la course. Et là, nous pouvons nous avancer pour récupérer notre dossard auprès de charmantes hôtesses. Je suis impatient de regarder ce qui se trouve dans le sac qu’elles nous remettent : un journal avec une foule d’explications sur la course, (dommage que nous ne l’ayons pas eu plus tôt !!!) un chouette maillot à l’effigie des 100km et une lampe frontale. (À croire qu’ils pensent qu’on va arriver dans la nuit…)

Enfin, je peux toucher mon dossard, c’est concret et je commence à réaliser…il porte l’inscription « 100km de Millau 2009 » et le numéro 1005. Séquence émotions !!!
Avant que chacun regagne son hôtel, notre coach Gégé nous rassemble à l’extérieur et nous fait ses dernières recommandations que nous écoutons religieusement.
On prend un gros coup de stress en réalisant qu’il est déjà 20h30 et qu’on devait confirmer notre chambre d’hôtel depuis … un bon moment ! On se voit déjà dormir sous le viaduc…il n’en sera rien et un bon lit douillet nous attend !
Pique nique dans la chambre des « Foufou » où Flo a dressé en cinq minutes une table de fête ! Au menu : pâtes et jambon…surprenant ! Denis et Franck sont sur la route, ils nous tiennent régulièrement au courant de leur avancée et nous sommes impatients de les savoir arrivés.
Mais déjà on tombe de sommeil. J’ai sorti tout mon matos et préparé ma première tenue, accroché mon dossard à ma ceinture Raidlight. Malgré l’angoisse, je sais que je n’ai a priori rien laissé au hasard, ma préparation me semble tip top, je suis zen et je m’endors rapidement.

**


Le jour « J »

Mon réveil me rappelle qu’il est 7h00, et qu’il faut avant tout que je grignote mes Carbo Cakes (règle des 3h00, important !). Flo m’accompagne pour boire un bon petit café bien chaud du thermos. Riche idée que d’avoir pensé à lui, il va nous servir, jusqu’à demain… Ensuite, tous mes petit ravitos numérotés de 1 à 30 vont trouver leur place dans la glacière que portera Denis à l’avant de sa bicyclette. Je n’ai plus qu’à préparer un mélange énergétique faiblement dosé pour mon début de course. Là encore, pas d’improvisation : nous savons déjà combien il est difficile, et pourtant oh combien important de s’alimenter au fil des km, et je n’emporte que des produits scrupuleusement testés en condition de course. Mes angoisses et mes inquiétudes ne doivent pas venir de là. Ce matin sera un peu frais, et je partirai manche longue, short long. Mon téléphone est dans cette poche, ici l’appareil photo et mon mp3, j’ai bien pensé à mon ticket repas, quant à mon cardio Polard : piles neuves.
J’enfile mon bas se survêt et mon coupe-vent, je passe par la réception pour récupérer mon pain de glace, et je rejoins sur le parking les garçons qui préparent leur vélo. Ils partiront de leur côté et ne nous rejoindrons qu’au septième km. Nous devrons d’ici là être autonomes.
Les premiers rayons du soleil font leur apparition sur la place de la Victoire, et c’est sympa et curieux de voir se mélanger autant de coureurs et de cyclistes. Nous nous frayons un passage jusqu’à la salle des fêtes où nous devons aller pointer nos dossards et laisser notre change que l’on trouvera ce soir à St Afrique. Rachel est aux anges lorsque ses parents la rejoignent ! C’est vrai que Millau a toujours fait partie de leur route des vacances, mais c’est génial qu’ils soient là aujourd’hui pour elle !!! Une photo, des bisous, et hop, c’est le moment de rejoindre la ligne de départ qui se trouve à un petit kilomètre de là. Une promenade aussi inhabituelle que chaleureuse, en musique, fait partie du rituel de cette course. Qu’il est agréable de profiter de tous ces sourires et encouragements, au rythme de la fanfare. Au point qu’on fait abstraction de l’enjeu de cette course. Limite si on n’oublie pas de brancher son Polard !!! Un petit moment zen, que l’on vit au ralenti…Mais !?!... un vacarme par-dessus le vacarme !!, si c’est possible !!, nous attire l’oreille déjà bien sollicitée : nos supporters de Corbas Running, emmenés par Hervé et son superbe chapeau, ont réussi l’exploit de nous trouver, à trois minutes à peine du coup de starter…J’arrive à rappeler Flo qui vient à peine de nous laisser, la fête est totale !!

10h00, c’est parti !!
Un pistolet nous libère, et, contrairement aux habitudes de départ d’une course, l’ambiance est tranquille, pas de bousculade. Même si nous partons dans les premiers, nous avons déjà l’impression de nous trouver dans le bon wagon. Mon premier souci est de contrôler régulièrement notre allure. Le deuxième est de surveiller Jean-Claude qui, fidèle à son habitude, et emporté par son élan, pourrait bien nous échapper !!
Nous sortons à peine de la ville et j’attrape mon mp3 pour enregistrer un message sur le dictaphone. Suite au récit de mon marathon d’Annecy, nous avons pensé que ce serait une riche idée d’immortaliser cette épreuve de légende et de réaliser un « book ».Sur ces entrefaites, Flo m’offre ce mp3, pensant qu’en course, il me serait d’une utilité sans pareille. Et comme elle va avoir raison !!!
J’arrive tout mouillé de chaud au 4ème km, et je suis déjà obligé de m’arrêter faire la p’tite pause…Je vais mettre un bon kilomètre facile pour rattraper mes amis, sachant que je ne veux pas griller mes cartouches en adoptant déjà un rythme trop élevé.
Et voilà que je retrouve les filles en train de se faire draguer… « par un coureur », qu’il nous dit…C’est vrai que la chasuble de Rachou fait fureur, surtout l’inscription Gégé avec la petite flèche pour montrer qu’il est à sa droite… avant le 7ème km, ça ne le fait pas trop et du coup, ils en profitent !!!
Une belle odeur embaume notre 5ème km, et Isa commence à avoir le sourire : nous allons pouvoir observer des vaches très bientôt !!
Et le 8ème km voit nos accompagnants vélos nous rejoindre. Les binômes se forment, et Denis, à fond dans ses fonctions, est déjà aux petits soins pour moi. Dans deux bornes, il devra s’arrêter pour me refaire un mélange de boisson. Je regarde Gégé, il lui faut bien une bonne moitié de la route tellement son convoi est exceptionnel. Rachou, il ne te manquera rien ?? Dorothée porte un sac à dos Raidlight conçu par ma belle sœur Yveline, donc, tout va bien !! Pierrot nous fait entendre le doux son de sa sonnette : c’est pratique pour savoir qu’il est là. Je trouve que c’est une excellente idée. Et Francky ? Ah si, il est là, bien sage, à l’ombre d’Isa !! Le vrai départ de la course est là.
Ça ne s’invente pas !!!Nous partageons une même explication sur les origines du Dahu, nous nous trouvons au km 11, et nos « voisins » du moment sont de Toulouse.
Km 13, nous passons 1h30 de course en 8 km/h environ, et notre allure est plus que correcte. Rachou dit que « tout va bien » et Isa contemple des oies tout en se régalant d’une barre de chocolat soja.
Le petit village de Peyrelade nous rappelle des terrains connus, nous sommes au km 15,5 et nous nous étions entrainés ici, le mois dernier. Gégé qui, entre autre, est régulièrement en relation avec nos supporters ambulants, nous informe qu’ils nous attendent à Rozier. Chouette, ça va être super sympa, et je vais pouvoir faire un bisou à ma douce !!
Nous continuons notre petit bonhomme de chemin, km 16,5, des gens de Ternay nous accompagnent. Nous discutons encore une fois avec des gens sympathiques. Souvent, la curiosité de certains est trop forte en découvrant nos Patchs Phiten…Alors, on leur explique volontiers. La pub, ça rapporte ??
Tout à l’heure, le coureur que nous avons rattrapé avait comme inscription sur son maillot : « cru exceptionnel, 1938 ». Il nous a expliqué qu’il s’était mis à la course à pied en Algérie….en courant devant les balles…
Séquence étonnement puisque on se surprend à être suivi par un Jean-Claude aussi silencieux que régulier !!! » J’ai pas encore mal, mais ça va pas tarder !! » me dit-il…
« Je suis heureux, là…heureux !! » me confie Pierrot entre deux clichés.
Nouvel éclat de rire lorsque je rattrape Gégé en faisant une brève accélération : « mais il est fou, celui-là …il court comme un lapin !!! »
Le km 19 nous fait rentrer dans Peyreleau et Rachou nous informe que régulièrement sont organisés ici les championnats de ricochets…Entendez « pierre-l’eau »… Comme dirait Maxou : Lol !!!
21 km et 2h27 de course, nous venons de traverser une véritable haie d’honneur et d’encouragements, un truc de ouf !!!Ils sont magiques, dans ce club !! (Comme j’ai raison d’y prendre ma licence !!…) Voulant faire un petit smack à ma moitié, et une ou deux photos de plus pour immortaliser ces beaux moments, j’ai perdu le contact, et en plus, ça monte « grave » ! Et les pipelettes, littéralement portées par leurs fans, continuent à courir, alors que nous devrions marcher !!! Il est où, le coach !!! Et bien lui aussi, il est dans le délire du moment : on retrouve à notre grande surprise tous nos supporters qui ont trouvé le moyen de se dégoter un raccourci…Magique, je vous dis !!!!!
Des petites cotes et des petites descentes font leurs apparitions dans ce beau décor des gorges du Tarn. Et je me répète que je dois m’économiser un max pour arriver à tout prix au marathon frais comme un gardon.
Un agréable coup de fil de Belgique, et tous les encouragements de mon beau-frère, m’accompagnent dans ce 24ème km, nous courons depuis 2h50.Denis, fidèle comme une ombre, me fait remarquer que quelques nuages arrivent… Il commence à faire une belle chaleur d’été, le soleil tape bien assez sur mon corsaire, et un peu d’ombre me ferait le plus grand bien…
Km 25, Rachou me confie que tout va bien. Et on réfléchit ensemble : 4 fois comme ça, et « ça va la faire !! » Finalement, vu de cette manière, c’est pas pire !!
Comment fonctionne ce mp3 !!! Denis rigole. Je refais mon enregistrement. Km27, je profite que Jean-Claude change de pneus pour faire, de mon côté, une vidange. Peut-être que lui aussi n’est pas bien, et que la route ne sera pas longue que pour moi !!!
Quelques instants plus tard, une première grosse frayeur survient lorsqu’un grand bruit suivi d’une alarme de Dorothée viennent interrompre le calme du moment. Plus de peur que de mal, la chaine n’est pas cassée, ouf !
Les 4h00 de course s’affichent sur ma montre et nous sommes au km 34. Eh bien, on commence à faire moins de bruit, à réfléchir à la situation, je suis content d’avaler une compote fraîche, mes jambes sont lourdes, et je me compare à la sortie du mois dernier ou je n’avais pas eu la moindre douleur ...Franchement, je la ramène moins…
4h46, on entre dans Millau au km 40. Je pense au prochain arrêt, au passage du marathon, j’ai hâte de me changer intégralement de la tête aux pieds. Un maillot sec plus agréable, un flottant où je serai plus à l’aise, une nouvelle paire de chaussettes dans des Asic DS Trainer déjà portées qui me serreront certainement moins, bref : ça ne pourra qu’aller mieux !! Certainement, je retrouverai un peu de fraîcheur…
P_____, c’est dur ……….Ma tête a des défaillances... Je devais repartir frais pour attaquer les derniers 60 km. Et je suis bien loin de mes objectifs…Je n’arriverai pas au bout... 100 km, ce n’était donc qu’un rêve… Seulement 42 km, en 5h00 de course, et je suis à fond dans le rouge..............
Forcément, ce sont mes baskets, et puis Flo va me masser et ça va repartir. Je vais l’appeler ! Lui rappeler que j’avais prévu de me changer…Non, mauvaise idée, elle est bien au courant, et elle va s’inquiéter..
Le Parc de la Victoire n’avait sans doute jamais connu pareille ambiance avec les Corbas Running !!! Il faut le vivre pour le croire. Des cris de fous, on n’entend qu’eux. !!! On vole entre leurs applaudissements. !!!Mes mots peuvent peut-être vous faire imaginer… On est champion du monde ?? En tout cas, ils sont derrière nous dans notre aventure comme personne…
La halte est festive et efficace. Change de tenue caché derrière une petite serviette (Denis, toujours très attentionné, ne rate pas le cliché!), massage, soin des petits bobos qui font leurs apparitions, photos de groupe…ça fait du bien d’en prendre cinq…
C’est reparti…5h15 chrono au km 44, on a pris le temps, on s’est refait une petite santé et ça va un petit peu mieux. Je décide de prendre les choses comme elles viennent.
6h25 au km 52 et ….la course commence vraiment…Même si la première côte s’est gravie sans trop de difficultés, nous sommes à présent dans une pente délicate et chacun la gère à son rythme. Des petits groupes se sont formés, Rachou fait soigner ses crampes et Isa vient de faire une pause gastrique d’urgence. Notre cohésion de début de course s’effrite, et je trouve que c’est un peu tôt pour nous désunir de la sorte. J’espère un regroupement rapide, le plat revenu…
La salle des fêtes de St Georges de Luzençon tombe à merveille, nous qui ne voulions jamais nous arrêter. Eh oui, tous nos ravitos, programmés, sont à portée de bicyclette, y’a qu’a demander ! Mais pour un médecin...Nous repartons tous, contents de voir une Isa qui a retrouvé un peu la santé. A noter que ma montre a profité de notre pause pour faire un arrêt non programmé !! Je suis vert…Le temps de la remettre en route, de faire une photo des corbassiens du moment, d’attendre en vain mes amis coureurs….qui sont déjà partis ! Oh, il va falloir maintenant que je me réveille ! Je me cale raisonnablement à 6mn au km afin de les rattraper.
Je fonds d’abord sur Isa qui a l’air de souffrir. Elle m’apprend que son genou lui fait des misères. Je pense à un coup de pas bien comme moi tout à l’heure. J’essaie, en lui remontant le moral comme je peux, de lui imposer une petite allure correcte. Mais le mal s’intensifie, et elle doit marcher par intermittence. Je suis face à un dilemme : est-ce que je dois rester avec elle pour l’accompagner dans son calvaire, au risque de me retrouver seul si (même si je n’ose pas l’imaginer) elle en venait à jeter l’éponge ??? Ou alors la laisser avec Francky qui remplit lui aussi son rôle de suiveur comme un chef, et reprendre une allure sérieuse pour rejoindre les autres qui prennent le large ????
Km 54, c’est le deuxième moment terrible de ma course. La mort dans l’âme, accompagné d’un Denis partagé entre son amour pour sa petite femme et son engagement envers moi, nous repartons de l’avant, confiant Isa à Francky. Comme dit la chanson, « the show must go on ». N’empêche, si elle en venait à abandonner par la suite, je crois qu’on s’en voudrait…
Il est 18h13, Denis me laisse seul pour prendre un peu d’avance, il doit retrouver de la famille devant la poste de Saint Rome de Cernon. En direct live, Ghislaine me laisse son impression : « Oh, trop fort mon Lolo ! En pleine forme à 60 !! »
J’attaque donc la côte de Tièrgues seul, à mon allure, paisible, environ 7mn30 au kilo. Cette petite route qui grimpe à travers une forêt, et ses deux épingles à cheveux, rendent la difficulté plutôt agréable. Je parcours 30 secondes de chemin avec Rachou et son Gégé, qui ont bien vite compris que je prenais de l’avance pour passer quelques instants, qui n’ont pas de prix, avec ma Flo chérie. Quand je vous dis qu’il voit tout, ce Gégé…
En passant, j’ai trouvé mon amie de toujours bien à l’aise dans ses chaussures. Elle est résignée. Cette ascension au profil hors catégorie n’est qu’une petite épreuve supplémentaire. A observer son regard, c’est sur, elle ira aux bout. De toute façon, faut pas la connaître...
Je suis à peine en haut de la côte de Tièrgues, et je réponds à nouveau au téléphone : c’est Denis qui s’impatiente de me retrouver. Il pensait me rattraper bien plus tôt dans la difficulté, et a du forcer son allure. Je suis mort de rire lorsque mon regard découvre son visage rouge comme un pétard !! Il a du monter comme un allumé !! Effectivement, je ne sais pas si c’est le fait d’avoir repris une allure sur ces cinq derniers km qui correspond plus à la mienne, ou si c’est le fait de retrouver mon ange de petite femme dans quelques instants, mais je suis littéralement reboosté !! Le temps d’avaler une gorgée fraiche de la gourde isotherme que lui a prêté Flo, il m’apprend de suite qu’Hervé, Véro et Ghislaine vont se relayer jusqu’à l’arrivée pour accompagner Isa dans son rêve ! Des amis qui ont un cœur gros comme ça, j’en ai la larme à l’œil. Là, ça ne fait pas l’ombre d’un doute, Isa ira au bout ! Je suis aux anges !!!!
Flo m’accueille avec un gros bisou, un fond de café, un massage : tout va bien !!! Je peux assister en spectateur au passage de mes amis sous les banderoles, les encouragements et les hourras de nos supporters. Ah, il faut le voir, et le revoir ! Un truc de fous !!J’ai vraiment l’impression qu’ils sont partout. Rien que pour eux, nous nous devons de finir. Millau aussi est à eux !!!
9h00 de course. Nous devons les laisser pour descendre sur St Afrique. Ils auront largement le temps de savourer, je n’en doute pas, un bon pique-nique. Ghislaine, installe son ordinateur portable sur le bord de la route et télécharge la carte pleine de photos de Véro. Hervé est prêt et chaud pour accompagner « sa Guerrière ». De notre coté, on ne pense pas qu’il faudra qu’on remonte, dans quelque minutes, cette pente qui nous casse les jambes. La nuit tombe et la fraicheur se fait sentir. Pierrot, l’homme à la sonnette mascotte, s’arrête pour faire un striptease et enfiler une épaisseur de plus.
La pause à St Afrique semble arriver au bon moment. Chacun récupère son sac et se change avec une tenue plus chaude et prévue pour la nuit : chasubles et lampes frontales sont de sortie, un petit air de déjà vu…Isa vient d’arriver, elle va tenter de se faire soigner et masser. Je vais chercher une soupe chaude, je crois que c’est plus pour m’occuper qu’autre chose. La fatigue se fait ressentir, et on commence à se plonger chacun dans notre monde...Heureusement que la culotte hyper sexy de Rachou est là pour rassembler les esprits ! Promis Gégé, j’ai regardé que d’un œil et on dirait celle de ma grand-mère ! Allez, les gars, il faut continuer !!
La première partie du raidillon est terrible, et nous marchons tous. Bien sur, Gégé pousse dans la côte son chargement de mulet, mais les autres aussi !!! On prend les choses avec philosophie, on n’a jamais été si proches du but… Jean-Claude voudrait bien prendre l’autoroute, ça irait plus vite !!!
Dans la montée, je rappelle mon Philippe de Veauche qui vient de me laisser un sms, de peur de me déranger. Ses encouragements me font chaud au cœur. Il m’informe aussi des résultats du foot et que St Etienne mène au score ! Et Lyon ??? On s’en fout de Lyon, non ? Alors, je téléphone à Agen, sûr que mon beauf Seb est au courant, et j’en profite pour les remercier pour leurs messages.
Je reprends une poignée de secondes d’avance pour retrouver à nouveau ma Puce, et je les surprends grâce à la nuit, en leur parlant de l’OL ! Nouvel éclat de rires !! Les enfants, malgré l’heure tardive et tous les efforts qu’ils ont réalisés pour nous encourager toute la journée, sont au maximum : ne pouvant découvrir l’identité du coureur dans l’obscurité, ils les acclament tous !!!Un vrai festival !!!
Nous redescendons à présent sur St Rome. Jérôme et Rachou parlent aiguilles, de zigouigouis aux mollets, et autres tricots…Gégé est silencieux et concentré sur ses freins. Denis consulte sa carte : km 80 et 11h36 de course, il m’informe, toujours aussi sérieux dans ces fonctions, du moment de mon prochain ravito. Et il a raison de l’être : s’il savait comme je n’ai pas faim…Pourtant il nous reste moins d’un semi à parcourir, mais pour y arriver, je ne dois m’autoriser aucune impasse…
Nous longeons le ravito situé entre Saint Rome et St Georges, la musique de Jean-Michel Jarre nous accompagne dans la nuit, j‘essaie de saisir et filmer ces instants magiques. Alain a la gentillesse aussi de nous accompagner jusqu’à l’arrivée. Courageusement vêtu du short et des chaussettes sales qui composaient ma première tenue de course ! Il va mener le train jusqu’au bout, nous apportant lui aussi une aide précieuse !!
13h00 de course, km 85.Une dernière grosse pause au ravito de St Georges, pour notamment soigner les deux pieds et leurs 36 ampoules de Rachou. Je me dis que la côte qui suit sera le juge de paix. On passe ou on casse. Une fois passés sous le Viaduc, on ne peut plus abandonner, mais il faut juste arriver à le rejoindre…Il n’y a que deux ou trois km, ils semblent en représenter 40 !! Et on a mal partout !!!
Nous allons trouver le temps long….Un peu trop long…
Il est 23h52 et nous passons le km 95 !! La dernière pente a été aussi difficile qu’on le redoutait, mais nous avons tous eu raison d’elle…Même Isa qui est juste derrière…Ca y est, dans ma tête, nous avons gagné !! Une partie de moi s’arrête, elle a fait sont boulot à merveille. Une seconde prend le relais, un peu comme une batterie de secours, et va m’emmener dans un état second jusqu’au Parc de la Victoire. Je pourrais employer le terme de « semi-vigilance » …
Minuit pile et km 96. On alterne marche et course lente. Je pense …je ne sais pas si je ne savoure pas un peu déjà…. Je voudrais remercier et embrasser tous ceux qui m’ont permis de réaliser mon rêve le plus fou. Fidèle comme une ombre, Denis est toujours à côté de moi et c’est logiquement par lui que je commence. Je me répète peut-être, mais je considère son rôle aussi difficile pour lui qu’indispensable pour moi. Sa course, il l’a faite ...pour moi ! 100km à vélo chargé au maximum pour moi, pour Ma course !! Et à quatre km de l’arrivée, alors que son cœur est sans doute à quelques centaines de mètres derrière, il est toujours aux petits soins pour son coureur…Denis, chapeau bas !!! Je te remercierai encore longtemps, faudra t’y faire !!! En attendant, retourne vite en arrière rejoindre ta dulcinée, vous méritez tous les deux de finir ensemble et en apothéose Vos 100 bornes !!!
Je pense aussi et surtout à ma moitié…Sans elle, et elle le sait, je ne serais rien. Pour elle, j’irais décrocher la lune. Avec elle je ferme une boucle de 100 km sur un parcours des plus éprouvants sur une des épreuves les plus réputée au monde. Je voudrais la prendre par la main et l’emmener jusqu’à l’arrivée pour lui faire vivre l’émotion indescriptible d’une fin de course où on est allé au bout de soi-même, au delà même de ce que l’on pouvait imaginer. Tu me manques et pourtant tu es là, dans mon cœur. Je t’aime…
14h18 de course, km98. L’idée du moment était de faire une photo de groupe devant le panneau 99, mais Rachou ne le sent pas, de peur de ne pouvoir repartir…..On saura plus tard que ce ne sera pas la principale raison !!
Je hausse la voix dans mon mp3, on passe le km 99, sauf Jérôme qui, lui, est à 110 : live :
-« moi, j’suis à… 111 »
-« Jérôme, il a fait 111km, parce qu’il a fait des allers-retours pour aller chercher Rachel »
-« houai, c’est à cause de Rachel »
-« salop ! ………………..Le peuple aura ta peau ! »
99,500 et l’entrée du Parc de la Victoire nous libère : des « Yes we can », « Fingers in the nose » et autres « Si çà c’est pas wonderful » en plus de «Champion » qui fusent de toutes parts. Même si mon état de fatigue pense que c’est un peu tôt, on se prend par la main pour traverser le parc, porté par nos supporters de toujours. Ce n’est pas croyable, on est dans Corbas ? Ils sont venu 300 à Millau ? Ces derniers 200m sont indescriptibles, je peux juste rajouter que, à l’image de la SaintéLyon, j’avais à cœur de faire en sorte que Rach nous précède d’1 seconde sur la ligne.
14H35 de course pour une première : voilà, nous sommes « centbornard » !! Place aux embrassades et aux photos !!! Je ne trouve rien d’autre à enregistrer et à répéter sur mon i-pod que « magnifique !, magnifique ! » Je suis complètement ailleurs, j’erre tel un somnambule, je suis bien, je rêve …….
Je crois que ce sont les enfants qui nous préviennent de l’arrivée proche d’Isa. La meute Corbas Running redescend au fond du parc pour remonter l’allée avec elle. Je m’efforce de courir à ses côtés pour voler 15 secondes de film, puis je range vite fait mon appareil, et je l’enlève à tous en la prenant par la main. Je l’ai abandonnée à ses doutes, à ses souffrances au km 60… l’honneur, la force, le courage, je ne sais quoi d’autre, mais je l’emmène personnellement au pied du podium, il était dit qu’on allait courir tous ensemble….
Son arrivée est triomphale et j’ai l’impression de vivre la mienne une seconde fois…Re-embrassades, re-photos, Isa a froissé et failli jeter son diplôme pensant qu’on lui avait remis l’annonce d’une prochaine course !!!
Nous somme tous aux anges !!! Champagne !! L’idée de Pierrot qui avait pensé à emmener dans ses valises une bouteille pour fêter notre marathon de New-York est restée et a fait son chemin. Imaginez cette salle d’arrivée où, à quelques mètres du podium, un groupe de fous, après un 100 km, à 1h00 du mat. mettent l’ambiance autour d’une coupe de champagne…Là aussi, c’est un truc de dingue !!!
Tellement dingue… que j’ai de plus en plus de mal à supporter ce que je viens de boire. Je sens que quelque chose ne tourne plus aussi rond, il faut que je mange. Les deux ou trois petits gâteaux du stand n’y font rien, et il me tarde d’aller récupérer mon panier repas….J’invite les copains à me suivre mais pour eux, le champagne est très bon !!Le temps me dure et, à deux mètres du plateau, je sens la nécessité de m’asseoir et ……………..Je reprends mes esprits, couché sur une table, entouré de plein de gens !!Un petit moment de solitude !!Le temps de remercier les secouristes qui viennent d’accourir, nous nous mettons à table et j’avale vite fait deux trois bouchées et …………Je suis à présent allongé par terre, au beau milieu des chaises…Super ! Alors là, les secouristes, il ne faut pas leur la faire deux fois !Me voilà parti en chaise roulante visiter les tentes grises et froides de l’armée…Isa, qui a avalé un cachet de travers, s’installe à mes côtés. Elle trouve çà « rigoli » …..Je trouve moi, ces quelques minutes où je dois rester en observation, un peu longues, surtout pour mes amis qui me veillent et qui ont plus qu’écourté leur repas à cause de moi…. Et puis la fatigue se fait de plus en plus présente, et il est grand temps d’aller fermer les yeux pour récupérer un peu. Gégé, toujours pleins d’attentions, est allé rapprocher la voiture et nous regagnons l’hôtel. Drôle de fin de soirée…..
Les retrouvailles pour le petit dèj. ont été fixées à 10h00. Mais les Jojo, victime d’une petite insomnie, ou impatients d’aller déjeûner nous attendent depuis près d’une heure !!On prend donc le train en route. Pain, beurre, confiture, croissant, un bon café au lait…tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !! Et les courbatures pour tous, ne sont que très légères, et ça aussi, c’est top…Un entraînement des plus sérieux, quelques pastilles Phiten, et hop !
Le temps passe vite et il faut boucler les bagages et surtout les faire rentrer dans le coffre du Picasso !!
Il est à présent l’heure du premier rituel : savourer tous ensemble cette bière dont nous rêvons depuis tellement longtemps. Pierre, Jean-Claude et Jérôme sont eux aussi, en pleine forme au rendez-vous. Chouette moment, on aimerait bien que ça s’éternise…
Puis vient l’heure du deuxième rituel : un MacDo bien sûr !! Le plus dur est de décider Pierre !! Je pense, en regardant les enfants savourer leur repas, qu’on leur devait bien ça. Notre « petite troupe » de supporters forme aussi une belle équipe !!
Il est temps de remettre le contact. La toujours redoutable route du retour sera une nouvelle fois bien assez ennuyeuse, et le chauffeur ne devra pas s’endormir..Petit débrifing à l’avant avec mon Gégé, petite sieste à l’arrière entre filles, un petit thermos de café de ma Puce et ...le tour est joué !
Veauche, deux minutes d’arrêt ! Nos amis repartent pour Corbas où ils vont avoir l’heureuse surprise de retrouver leur maison décorée !! Ils pensent vraiment à tout, dans ce club, même aux petits détails !!!Trop forts !!!!
A la maison, avec Flo, on songe déjà aux 2 jours de coucouning qu’on a réservés aux Thermes de Vichy : massages, bains à bulles, siestes……. Pensées éphémères…Annoncer que nous sommes bien arrivés nous plonge dans le souci familial ! La récup. se fera en Haute-Loire !!!!


**


C’était beau! Très beau!!!! Peut-être trop beau !!!





On en a tellement rêvé !!!!! On a tellement réfléchi, hésité longuement, insisté parfois, persévéré souvent, programmé sans arrêt, travaillé dur, douté fort, bataillé face à la douleur et au moral qui nous fuient. On a essayé de tout noter, ne rien laisser au hasard.
On s'est entouré des meilleurs coachs, nos suiveurs se sont illustrés par leur efficacité et on a même eu l'impression que tout le club de Corbas, toujours aussi remarquable, se trouvait à Millau......
Et notre force a sans doute été de rester le plus soudé possible, d'unir la force et les qualités de chacun :
Rachel fidèle à elle-même : imperturbable face à l'objectif qu'elle s'est fixé!!!...Je repars avec toi quand tu veux!!!... D'ailleurs, faut qu'on parle, tous les deux..........
Isa et son immense leçon de courage qui va forcer le respect de tous!!!...Oh que j'ai eu du mal à te laisser au 60ème ....Je n'oublierai pas ton arrivée...
Jérôme le boute-en-train de la bande !!! Il a du avaler un clown !!! Pour que notre route ne soit jamais monotone!!!...
Et notre Jean-Claude qui, à un moment voulait prendre l'autoroute pour aller plus vite...notre vétéran d'exception!!!...Comme j'ai pâti pour te décider à venir... Eh, JC, bientôt la Raidlight Trail Trophy, prépare tes guêtres !!!
Et nos suiveurs !!!
Dorothée ?? Toujours le sourire aux lèvres, quels que soient le km ou la difficulté!!!...D'ailleurs, ça ne devait pas être difficile pour toi .....
Francky, une maîtrise totale face à un grand rôle avec notre Isa blessée!!!...
Pierrot, le rédacteur en chef du groupe, on te devra la plupart de nos meilleurs souvenirs!!!...
Gégé "I love my coach", entraîneur hors pair, le meilleur conseil au meilleur moment, une vision de ses coureurs comme personne!!!...
Et Denis aussi efficace que discret, à mon service avant même que je ressente un besoin, je ne pouvais pas rêver mieux, je te dois une partie de ma course!!!...
Je rajouterais une ligne pour rendre hommage à ma Puce chérie. Au fil des courses, mes entraînements sont de plus en plus longs et mes week-end rallongés... Pourtant tu es là comme jamais...Je "volais" dans la côte de Tièrgues à l'idée de passer 5mn avec toi... Je te dois d'être le "Centbornard" que je suis...Merci !!!
Et on est tous arrivés à faire un truc que, ................................on va certainement finir par apprécier à sa juste valeur!!!

Voilà, le récit de cette aventure, je l’appelle mes 100 km de papier, et j’ai bien dû mettre 14h et 35mn pour le réaliser !!! Je me suis efforcé de vous le faire revivre, toute l'équipe y a trouvé tellement de bonheur que ça a été un vrai délice de l’écrire

Au plaisir de vous revoir !!!

Lolo le Stéphanois Lyonnais !!!! cherry alien

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2 Re: MES 100 KM DE PAPIER le Dim 22 Nov - 17:46

RV69

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Admin
C'est magnifique mon Lolo,

A travers ton récit, on est avec toi... on fait également les 100 km de Millau Shocked . C'est du grand art et quelle performance Exclamation

J'espère que beaucoup de personnes liront ton témoignage.

100 bornes, c'est du sérieux et avec le relief des 60 derniers kilomètres de Millau, c'est plus qu'impressionnant...

Ton expérence montre à quel point la préparation est primordiale et là on peut dire que Gégé a fait du super boulot en emmenant tout le monde à l'arrivée. C'est le meilleur Cool

Je suis vraiment ravi que tu es rejoins officiellement notre club... Cette nouvelle recrue, c'est de trop la balle Wink pour parler jeuns...

Au plaisir de te revoir ou de recourir ensemble,

Hervé

Voir le profil de l'utilisateur http://corbasrunning.forumactif.org

3 Re: MES 100 KM DE PAPIER le Lun 23 Nov - 18:39

Hello mon Lolo !!! J'ai le premier jet de ton texte, je l'ai lu et relu le premier soir où tu me l'as donné,j'ai la version papier d'hier que j'ai lue et relue, et maintenant, je viens de lire et relire la version informatique, et c'est encore et toujours la même émotion !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ton récit est remarquable et je refais cette course avec toi quand tu veux !!! 2011 marché conclu !!!! car tu te souviens de tous nos projets, avec toi et mon Gégé pour 2010 ?!!!!
Quant à Jérôme, "salop !!! le peuple aura ta peau !!!", non seulement c'est moi qui est fait 101,6 KM et en plus, il m'a fait attendre à chaque ravito !!! Mais je ne lui en veux pas car en plus d'être raffermissant...c'est décongestionnant !!! il saura de quoi on parle !!!

A bientôt mon pote de toujours ! Et MERCI pour tout !!!

Bisous !!!

Rachou

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4 Re: MES 100 KM DE PAPIER le Ven 27 Nov - 18:06

Et voilà, un kleenex de plus.... A la lecture de ton récit.. on y est de nouveau!!! On comprends mieux que jamais qu'il s'agit d'une expérience humaine avant tout, collective (que de partage! ) et aussi personnelle(la tête et les jambes!!!!)
Nous n'avions pas de conteur au club! Et bien le voilà!!!!
Et puis , cette aventure m'a donné l'occasion de prendre le temps de mieux vous connaître, toi et Flo ..et ça c'est chouette!!
Et cette main tendue sur la ligne d'arrivée , quel souvenir!!! gravé!
Mince !!encore un kleenex!

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